mercredi 30 septembre 2026

ETE MEURTRIER 1ère partie

      


        La belle saison n'est pas toujours synonyme de bonheur, il y a bien sûr les épreuves individuelles, les catastrophes meurtrières comme les glissements au Venezuela ainsi qu'au Tibet et au Népal (peut-être dans ce dernier cas en raison de la fonte des glaciers due au changement climatique, évoqué plusieurs fois ici en 2010). Parmi les célébrités, les décès se sont suivis, tel celui de Philippe Bouvard, journaliste et animateur français célèbre notamment pour son émission radiophonique culturelle et humoristique "Les Grosses Têtes" et sa découverte de nombreux talents comiques à la télévision dans "Le petit théâtre de Bouvard". Les personnalités associées aux films de monstres ont aussi alimenté la chronique nécrologique.

        Le premier qui a inauguré la série est l'acteur Sam Neill, décédé à Sydney le 16 juillet 2026 à l'âge de 78 ans d'un genre de cancer du sang et d'une pneumonie. Né d'un couple anglo-néo-zélandais, le jeune Nigel Neill prend le prénom de Sam à l'école pour éviter la confusion avec d'autres camarades. Après ses études, il débute une carrière théâtrale puis intègre la société nationale de production de films de la Nouvelle-Zélande, la National Film Unit, où durant six ans, il apprend l'écriture de scénarios, le montage, et réalise des documentaires.

        Il obtient bientôt des rôles importants à la télévision puis au cinéma, avec en 1977 le rôle principal de Sleeping Dogs, un thriller d'anticipation. C'est le célèbre acteur James Mason qui convainc la production de l'engager pour lui confier le rôle du représentant du Diable, Damien Thorn, dans La Malédiction finale (The Final Conflict) de Graham Baker en 1981, fin de la trilogie dans lequel l'enfant diabolique est devenu adulte, dirigeant une grande entreprise ainsi qu'un culte à sa dévotion. Il fait assassiner de nombreux bébés dont la naissance correspond à l'annonce de la seconde naissance du Christ - la figure divine apparaîtra brièvement dans l'épilogue. L'acteur a cependant estimé que le film était moins impressionnant que le premier volet, notamment parce dans La Malédiction (The Omen), le Mal est incarné par un petit enfant.

Sam Neill en Antéchrist dans La Malédiction III (The Omen III).

        En 1981, Zulawski lui confie également un rôle de premier plan avec un autre film fantastique, Possession. Il joue cette fois un homme dépassé, Mark, voyant son épouse incarnée par Isabelle Adjani tiraillée par ses pulsions libidinales, la poussant à de terribles scènes d'hystérie. Le film lui a été inspiré par un divorce difficile, comme David Cronenberg avec Chromosome 3 (The Brood), dans lequel la folie d'une épouse mène aussi à la génération spontanée d'êtres monstrueux. En effet, après avoir connu des étreintes passionnées avec un gourou de la sensualité, Heinrich (Heinz Bennent, acteur allemand vu du public français notamment dans plusieurs épisodes de la série Inspecteur Derrick), l'épouse infidèle le délaisse pour une créature lascive et tentaculaire née du néant. Après avoir tenté de récupérer sa femme, Mark dont Sam Neill retranscrit bien le caractère désabusé, s'en prend à Heinrich qu'il finit par assassiner de manière sordide non sans que celui-là lui ait auparavant révélé qu'elle l'avait quitté à son tour pour s'offrir à une sorte de monstre. L'entité finit par prendre l'apparence de Mark dont elle représente la version plus sexualisée et, en tentant de l'abattre, l'époux marri tue en fait sa femme. Le caractère sinistre du film est encore renforcé par la proximité du Mur de Berlin et des bruits évocateurs d'une guerre imminente. L'acteur se montra très mécontent que pas moins de 45 minutes de film soient retranchées de la version américaine (pour plus de détail sur le film, lire l'hommage à Andrzej Zulawski en mars 2016).

     Un mari trompé demande des comptes à l'amant de sa femme dans Possession.



L'entité née des désirs d'Anna se rapproche progressivement de la morphologie anthropomorphe.

            Les amateurs de cinéma de l'imaginaire retrouveront Sam Neill en haut de l'affiche dans les années 1990. Après avoir joué le commandant d'un sous-marin russe nucléaire dans A la poursuite d'Octobre rouge (The Hunt for Red October), John Carpenter lui confie le rôle d'un agent gouvernemental assez inquiétant, David Jenkins, qui veut contraindre un homme devenu invisible accidentellement dans Les aventures d'un homme invisible (Memoirs of an Invisible Man) en 1992, Nick Halloway (Chevy Chase), à utiliser sa capacité au profit de la CIA dans ce qui est des films les plus sous-estimés du cinéaste, combinant science-fiction avec aventure, humour, poésie et romance.

        Sam Neill devient très populaire en 1993 en incarnant un des principaux personnages de Jurassic Park de Steven Spielberg, d'après le roman homonyme de Michael Crichton, le paléontologue Alan Grant, amené sur une île où on lui montre des dinosaures recréés à partir de sang préservé au sein de moustiques conservés dans l'ambre. Initialement fasciné de voir en chair et en os les créatures qu'il s'efforce de reconstituer, sitôt son émotion passée, il se montre plus réservé. Rétif aux enfants, dont un petit admirateur, le Professeur se montrera néanmoins protecteur lorsqu'il se trouvera seul avec eux parmi les dinosaures ayant échappé à leur enclos.

        


Le paléontologue le plus célèbre du cinéma ?


Le Professeur Grant qui connaît bien les Velociraptors pour avoir étudié de très près leurs restes fossiles frissonne en apprenant que les techniciens du projet Jurassic Park ont aussi recréé ces redoutables prédateurs assez intelligents pour chasser en groupe de manière coordonnée.

              En 1994, John Carpenter l'engage à nouveau pour L'Antre de la folie (In the Mouth of Madness) en lui confiant le rôle principal, celui de John Trent, agent d'assurance chargé de retrouver l'écrivain d'épouvante à succès Sutter Cane (Jürgen Prochnow) par son éditeur (Charlton Heston). Commence alors une épopée surréaliste où les fantasmes de l'auteur prennent corps. Parfois déconcertant, le film interroge sur la puissance de l'imaginaire et Neill incarne très bien ce sceptique désabusé confronté à l'inexplicable. John Carpenter était admiratif de sa capacité à toujours localiser la caméra. En 1997, il renoue avec l'horreur à l'occasion d'Event Horizon lequel, à l'instar de The Dark Side of the Moon (Parasite en vidéo, à ne pas confondre avec le titre homonyme de Charles Band évoqué dans l'hommage à Stan Winston), transfère dans l'espace le thème de la possession diabolique.


John Trent, un détective froid et désabusé, dont la rationalité finit par être mise à rude épreuve ; si la réalité peut souvent prendre l'allure d'un cauchemar, un cauchemar pourrait-il à l'inverse devenir réel ?



D'effroyables silhouettes émergent de l'obscurité dans L'antre de la folie (In the Mouth of Madness), comme si les abominations évoquées par l'écrivain Sutter Cane se prenant pour un démiurge surgissaient dans notre dimension.

        Après avoir figuré en 1999 dans L'Homme bicentenaire (Bicentennial Man) de Chris Colombus dans lequel Robin Williams incarne un robot qui veut devenir humain, Sam Neill, absent du second volet, il revient en 2001 dans la saga des dinosaures avec Jurassic Park III de Joe Johnston. Le chercheur estime que ces animaux recréés procèdent d'un bricolage génétique réalisé avec du matériel prélevé sur des grenouilles, qu'il s'agit donc plus de "monstres de foire" pour le parc de John Hammond que de "véritables dinosaures" et qu'il préfère tenter de découvrir leur comportement naturel en exhumant leurs fossiles. Avec un jeune assistant, il est néanmoins engagé par un couple (William Macey et Tea Leoni) pour survoler une île sur laquelle ont été recréés des dinosaures, afin de leur faire une visite guidée, mais il s'agit d'un prétexte pour retrouver l'enfant d'un premier mariage qui y a disparu. A la grande terreur du Professeur Grant, l'avion se pose puis est détruit par un spinosaure déchaîné. Grant saura bientôt retrouver de nouveau son sang froid, l'enfant sera découvert et la petite équipe sauvée grâce à son ancienne compagne du temps du premier film - apparemment, le savant a campé sur son refus d'avoir un enfant. Il reprendra son rôle de paléontologue en 2022 dans Jurassic World : Le monde d'après, mais cette au milieu des dinosaures virtuels au lieu des splendides mécaniques de feu Stan Winston.

Le Professeur Grant garde son esprit d'analyse même face à une bande de Vélociraptors.

          Avec son visage un peu sévère, Sam Neill aura su conférer leur crédibilité à ces films en incarnant des personnages assez ordinaires confrontés à des situations incroyables.


        Un autre acteur disparu, Reggie Bannister, est décédé à l'âge de 80 ans le 9 août 2026 après avoir pâti durant plus de dix ans de maladies dégénératives. Après avoir été appelé à servir durant la guerre du Vietnam, il avait utilisé les aides financières pour étudier l'art dramatique.

           Même s'il a participé à plus d'une trentaine de films, il est surtout identifié du public pour avoir tenu le rôle principal de la pentalogie de la saga Phantasm réalisée par Don Coscarelli, parti d'un cauchemar du cinéaste qui voyait notamment dans ses songes des boules d'acier volantes armées d'une pique pour crever les yeux. Ces boules sont envoyées par un croque-mort diabolique incarné par un acteur de grande taille à la mine sinistre et au rictus effrayant, Angus Scrimm - ancien critique musical réputé, de son vrai nom Lawrence Rory Guy, décédé quant à lui le 6 janvier 2026 à l'âge de 89 ans. Reggie est initialement un vendeur de glace qui est amené à réaliser que le géant tue des gens qu'il réduit à un tiers de leur taille et contrôle pour l'assister à transformer la Terre en une annexe de son enfer. Dans Phantasm 4, on découvre dans une brève séquence l'époque à laquelle le "Grand Homme" était un médecin désespéré par les massacres de la Guerre de Sécession, avant qu'il ne bascule du côté obscur. Il y a quelques effets de créatures dans la saga, des êtres à demi formés dans Phantasm 2 ainsi qu'une sorte de mille-pattes qui sort du front du croque-mort, puis dans dans Phantasm III, la main tranchée de celui-ci qui se change en dangereuse petite créature. Dans le dernier volet, Phantasm V (Phantasm Y : Ravager), un Reggie vieilli se demande si ce qu'il a vécu était bien réel jusqu'à reparaisse l'infernal géant. Reggie Bannister était aussi à l'affiche du plus humoristique Bubba-Hotep, également réalisé par Coscarelli, avec Bruce Campbell incarnant un vieil Elvis Presley et une momie revenue à la vie. 

Reggie confronté à une épouvante cauchemardes qui investit la réalité.

Le "Grand Homme" et ses boules tueuses.

Reggie à la poursuite d'un Mal qui ne cesse d'étendre son empire.

Reggie face à une des victimes que Le Grand Homme a réduits et mis à son service dans son monde infernal.


Le terrifiant personnage capable de se métamorphoser, avec une sorte de millepattes diabolique qui sort de son front, et en dessous sa main tranchée se mur en bestiole agressive.

Un moment troublant dans lequel en passant une porte ouvrant vers le passé, un des protagonistes découvre brièvement le Grand Homme avant qu'il ne bascule dans une autre dimension dans laquelle il va être changé en être démoniaque. 

Confrontation assez déstabilisante de Phantasm V, dans lequel un Reggie vieilli doutant de sa santé mentale retrouve son antagoniste lui aussi vieilli, avant un épilogue ambigu, laissant ouverte la résolution de ce combat homérique. Les deux acteurs se sont finalement suivis dans la tombe, nous laissant en héritage cette pentalogie singulière portée par une partition envoûtante.

            Comme Regie Bannister, l'acteur Tim Curry a connu une triste condition médicale dans la dernière partie de sa vie. Disparu le 25 août 2026 à 80 ans dans la ville de Los Angeles, il avait commencé par jouer dans des comédies musicales comme The Rocky Horror Picture Show, spectacle potache promis à un grand succès. Mais c'est surtout le visage dissimulé qu'il a interprété ses deux plus célèbres personnages, le Diable aux cornes impressionnantes de Legend de Ridley Scott, dont le maquilleur Rob Bottin s'estimait fier, et le clown sardonique de Ça, Il est revenu (It), mini-série télévisée tirée du roman homonyme de Stephen King, personnage surnaturel qui change d'apparence et enlève des enfants. 

Tim Curry au naturel.

Le Diable de Legend et le Clown Grippe-sou de Ça (It).

            Décédé le 15 septembre 2026, l'acteur Gerrit Graham, sûrement peu connu du grand public, avait joué dans Phantom of the Paradise, remake par Brian de Palma du Fantôme de l'opéra (The Phantom of the Opera). En tant que scénariste, il avait écrit deux épisodes de La Cinquième dimension (The New Twilight Zone) des années 1980 ainsi que joué un ange mortel dans un troisième, Bienvenue à Winfield (Welcome to Winfield), tandis qu'à l'inverse dans l'épisode Mort ou vif (Death Wish) de la série Star Trek Voyager, il jouait un personnage immortel qui voulait se suicider.

                Au cinéma, il a surtout joué dans des films de série B, parfois loufoques comme dans Attention au Blob ! (Beware the Blob !) en 1972, premier remake de Danger planétaire (The Blob) réalisé par Larry Hagman (connu comme le JR Ewing de la série Dallas), parodie bouffonne dans laquelle il apparaît brièvement dans un costume d'ours. Dans  (Demon Seed) en 1977 d'après le roman Génération Proteus de Dean Koontz, il joue le collègue d'un scientifique qui rend visite à la femme d'un collègue qui a conçu une maison totalement informatisée (sans intention libidineuse contrairement à la source livresque) et qui est éliminé par une machine, le cerveau électronique s'étant entiché de l'épouse qu'il retient prisonnière et qu'il veut tenir à sa seule disposition.

Gerrit Graham figure parmi la galerie de personnages plutôt farfelus du premier remake de The Blob, sur un mode plutôt loufoque.

Walter Gabler (Gerrit Graham) trouve une fin peu enviable dans la demeure ultramoderne de Génération Proteus (Demon Seed) de Donald Cammell.

            Il renoue avec la science-fiction humoristique avec The Creature wasn't nice sorti en 1983 et son extraterrestre burlesque, au côté de Patrick McNee et Leslie Nielsen, ce dernier y confirmant sa reconversion dans le cinéma comique, puis en 1986 dans Terrorvision de Ted Nicolaou en père de famille un peu ridicule dont la maison est envahie par un monstre affreux  à l'œil télescopique ayant transité de l'espace par les ondes de la télévision (voir hommage à John Vulich, qui a contribué aux effets spéciaux avec John Carl Buechler et Robert Kurtzman). Une scène particulièrement grotesque semble montrer quatre adultes dans un lit se livrant à une scène de sexe de groupe, en réalité les malheureux étant en train d'être assimilés par la créature gloutonne sous les draps.

Gerrit Graham au fond avec la casquette dans The Creature wasn't nice/Spaceship, avec au premier plan, le Capitaine joué par Leslie Nielsen (Planète interdite), devenue une vedette comique, et au milieu Bruce Kimmel, à l afois acteur et réalisateur du film. 

Un plan qui rappelle celui de La Chose d'un autre monde (The Thing from another World), avec en fond en blouse blanche le scientifique joué par Patrick McNee.

Le monstre extraterrestre - et chanteur à ses heures perdues - de The Creature wasn't nice.



Autre comédie centrée autour d'un monstre, Terrorvision, dans lequel une soirée entre amis qui s'annonçait détendue prend un tour inattendu et meurtrier avec l'arrivée d'un hôte inattendu venu de l'espace au travers des ondes de la télévision. 
 
            La même année, Gerrit Graham joue dans Ratboy un des deux frères de Nikki Anderson jouée par Sandra Locke qui est aussi la réalisatrice, lesquels l'aident à reprendre à deux marginaux une créature hybride moitié homme moitié rat à laquelle elle semble s'être attachée (Sharon Baird maquillée par Rick Baker), mais tous ceux qui l'approchent semblent envisager d'exploiter le phénomène par intérêt financier.

            Dans La vengeances des monstres (It's Alive III : Island of the Alive) qui clôt la trilogie de Larry Cohen, Gerrit Graham joue un avocat qui plaide pour que l'on tue les bébés mutants alors que Jarvis (Michael Moriarty), père de l'un d'eux, supplie qu'on épargne son fils. Le juge est finalement attendri et les petits monstres sont isolés sur une île ; sans surprise, ces êtres féroces ayant grandi entre eux ne tardent pas à déchiqueter les scientifiques venus établir un rapport. Gerrit Graham incarne lui-même en 1989 un mutant dans C.H.U.D. 2 : BUD THE C.H.U.D., lointaine suite du premier film qui était une plongée terrifiante sous la ville où rodaient des clochards contaminés par des produits toxiques les ayant transformés en hideux monstres anthropophages. Bud est lui plus légèrement métamorphosé, évoquant un peu le zombie semi-domestiqué Bub du Jour des morts-vivants (Day of the Dead) de George Romero, même si pour cette suite, l'atmosphère tend plutôt à l'humour potache.

L'avocat Ralson (Gerrit Graham) réclame qu'on élimine sans état d'âme les bébés monstrueux qui constituent un grave péril pour la sécurité publique.

Il n'est pas très étonnant que les bébés monstrueux ayant grandi à l'écart de toute civilisation ne se soient pas adoucis à l' "âge ingrat"...

Dans C.H.U.D. 2 : BUD THE C.H.U.D., Gerrit Graham incarne un personnage moins seyant dans le rôle d'un marginal au début d'une mutation.

            Dans Philadephia Experiment II de Stephen Cornwell en 1993, le personnage principal David Herdeg (Brad Johnson) qui fut transporté 40 ans dans l'avenir, se retrouve soudain catapulté au sein d'une Amérique chaotique gouvernée par les Nazis qui ont gagné la guerre grâce à un bombardier envoyé à Berlin en 1943 où un scientifique, Freidrich Mahler, s'en est servi pour vaincre les Etats-Unis. Le Professeur Longstreet envoie Herdeg dans le passé pour rectifier le cours de l'histoire mais il est suivi par le Docteur William Mailer qui n'est autre que le fils du savant du 3ème Reich, les deux parents étant interprétés par Gerrit Graham, lesquels disparaissent en même temps lorsque le père et abattu par Herdeg qui détruit aussi l'avion, restaurant la situation initiale. Deux ans plus tard, dans le remake de The Wasp Woman, il se laisse séduire par sa patronne (Jennifer Rubin), dirigeante d'une entreprise de cosmétique à la recherche de la jeunesse perpétuelle, seulement pour découvrir que le traitement agencé par le Professeur Zintrop (Daniel J. Travanti) est susceptible de la transformer soudain en guêpe géante homicide.

Dans Philadephia Experiment 2, Gerrit Graham incarne un père et son fils, profitant du voyage dans le passé pour obtenir la destruction de l'Amérique au profit du IIIème Reich nazi.

Le Professeur Zintrop met au point une formule rajeunissante à partir d'enzymes de guêpe dans le remake de The Wasp Woman.

Arthur Cooper (Gerrit Graham) préférerait engager pour l'image de la société de cosmique un mannequin plus jeune que sa patronne même rajeuni, une audace qu'il va payer très cher.

Des effets spectaculaires du produit du Dr. Zintrop pour la femme qui aspirait à avoir une taille de guêpe...





            Enfin, signalons la disparition d'un dernier acteur, Richard Harrison, décédé à 90 ans le 18 septembre 2026, qui avait tourné un certain nombre de films de karaté. On l'aperçoit cependant dans un petit rôle, celui d'un pilote, dans le film Kronos de Kurt Neumann (La Mouche noire) en 1957 envisage la venue sur Terre d'un robot extraterrestre géant presque invincible.

Le robot extraterrestre géant de Kronos venu vider a Terre de son énergie.

                Il joue le timonier dans l'adaptation du roman de Jules Verne Robur le conquérant réalisé en 1961 par William Witney sous le titre du Maître du monde (Master of the World) au côté de Charles Bronson tandis que le rôle-titre est incarné par Vincent Price qui, à la manière du Capitaine Nemo veut imposer à l'Humanité la paix au travers de son engin de destruction, en l'occurrence un dirigeable perfectionné. 

Richard Harrison dans le rôle d'Alistair, maniant le gouvernail, avec au premier plan Robur auquel Vincent Prince confère toute son autorité.

        Comme beaucoup de culturistes, il trouve à employer sa musculature dans des péplums italiens, notamment dans Persée l'invincible (Perseo l'invincibile, en anglais Medusa against the Son of Hercules) d'Alberto de Marino en 1963. Le héros éponyme doit combattre Acrisio (Arturo Dominici) qui a accaparé Argos, le royaume de son père, et devra aussi lutter contre deux beauxw monstres conçus par le créateur d'effets spéciaux Carl Rambaldi, un dragon lacustre et une Gorgone d'allure végétale.



Persée (Richard Harrison) se bat sans ménagement contre un dragon, puis défait la Gorgone qui trône au milieu des hommes qu'elle a pétrifiés dans sa sinistre vallée, en se protégeant de son regard mortel derrière son bouclier.

      On le retrouve aussi dans une séquence additionnelle ajoutée ultérieurement, de même que pour un autre ancien culturiste de péplum, Gordon Mitchell, au film Evil Spawn,  sur un sujet très similaire à The Wasp Woman, à ceci près que cette fois la substance régénératrice est d'origine extraterrestre.

            Le metteur en scène américain Chuck Russell s'est éteint le 22 juillet 2026 à l'âge de 74 ans. Il a notamment commencé  par écrire des scénarios, collaborant à celui de Dreamscape de Joseph Ruben, un thriller politique de 1984 qui se déroule dans le monde des rêves, qui fut assez largement salué, et pour lequel le maquilleur Greg Cannom a sculpté une tête de cobra humanoïde pour une scène de cauchemar (voir hommage à l'artiste en mai 2025).

                Il persuade ensuite la société de production New Line de mettre en chantier une seconde suite aux Griffes de la nuit (Nightmare on the Elm Street) de Wes Craven, Les Griffes du cauchemar (A Nightmare on the Elm Street 3 : The Dream Warriors), en mettant en exergue davantage de métamorphoses du croquemitaine s'incarnant dans le monde réel, dont il co-écrit le scénario avec Frank Darabont, permettant ainsi notamment en maquilleur Kevin Yagher de créer une version serpentiforme géante du sardonique Freddy. 

L'abominable Freddy investit un poste de télévision pour sévir.

        Chuck Russel et Frank Darabont s'attèlent ensuite à l'écriture du scénario du remake sérieux de Danger planétaire (The Blob), que le premier réalise, et qui fait cette fois de l'extraterrestre carnivore gluant et informe du film de 1958 le résultat d'une expérience de création d'une arme biologique qui échappe au contrôle de l'armée - comme dans Alien Predator et L'invasion des cocons (Deep Space), laquelle fera perdre la raison à un ecclésiastique. Le film n'a sans doute pas eu le succès qu'il méritait, il est sans temps mort et tient aussi du festival d'effets spéciaux avec sa créature en constante mutation, créée par Lyle Conway (auquel un long hommage a été ici consacré en mars 2026) avant qu'il ne démissionne et que l'équipe du maquilleur Tony Gardner prenne la responsabilité de l'ensemble des manifestations de l'être protéiforme. Le réalisateur avait pour modèles "les amibes, et à plus grande échelle, les méduses qui vivent et se nourrissent comme le Blob".

Le réalisateur Chuck Russell face à la vedette de The Blob, Kevin Dillon.

La première victime de l'être informe carnivore dans le remake de The Blob.

            Le réalisateur se consacre après à The Mask qui sort en 1994, avec Jim Carrey possédé par un masque scandinave qui altère sa personnalité. Le début est assez amusant avec l'acteur principal usant de la plasticité de son visage, mais vire ensuite à la fantaisie débridée lorsqu'un masque réalisé en images de synthèse prend la relève pour figurer des scènes délirantes dans la lignée des dessins animés de Tex Avery. Il réalise ensuite le thriller L'effaceur (Eraser) avec Arnold Schwarzenegger puis L'élue (Bless the Child) avec Kim Basinger qui tire plus vers le surnaturel.

Chuck Russell avec Jim Carrey grimé pour The Mask.

           Il signe ensuite deux films fantastique avec des images de synthèse, Le retour de la momie (The Mummy returns) et Le Roi scorpion (The Scorpion King). Sa carrière est ensuite très fluctuante. Il signe notamment un épisode la série de science-fiction Fringe et son dernier film Witchboard traite d'ésotérisme.


          Dans la seconde partie de cet hommage seront cette fois envisagées les disparitions se rapportant au domaine des effets spéciaux.

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