mercredi 19 janvier 2022

TEMPS X FUGIT



Les Frères jumeaux Igor et Grichka Bogdanov présentant l'émission "Tempx X" dans leur costume argenté, à l'époque où certains estimaient leur allure androgyne, avant qu'ils ne modifient leur apparence de manière radicale.


Une émission légendaire

Personne n’ignore la disparition des Frères Bogdanov, le 28 janvier 2021 pour Grichka, le 3 janvier 2022 pour Igor. Ils avaient créé à la fin des années 1970 avec la collaboration de Jean-Yves Casgha, rédacteur en chef et chroniqueur, une célèbre émission télévisée consacrée à la science-fiction et à la vulgarisation scientifique sur la Chaîne TF1, « Temps X », après avoir présenté le genre dans une chronique au sein d’un programme pour la jeunesse, « Un sur cinq », dans lequel intervenait aussi notamment Laurent Broomhead pour la partie scientifique et Allain Bougrain-Dubourg pour la rubrique animalière. Les deux jumeaux contribuèrent à rendre populaire le genre en France à la suite d’Henry-Georges Gallet qui avait importé les auteurs américains dans l’après-guerre avec sa collection « Le rayon fantastique », Jacques Bergier qui avait fait connaître H.P. Lovecraft dans l’Hexagone, Gérard Klein qui avait créé la collection « Ailleurs et Demain » ou encore Jacques Goimard et sa « Grande Anthologie de la Science-Fiction ». L’émission dura d’avril 1979 à juin 1987. Habillés en cosmonautes dans un vaisseau spatial dans lequel un certain Frank Dubosc promis à une carrière comique faisait de la figuration, les deux frères présentaient des extraits de films comme La Mouche noire, La Marque et Eraserhead, des reportages d’Alain Carrazé tournés en Angleterre et aux États-Unis sur les films du genre qui sortaient tels Alien et Dark Crystal, et sur des créateurs d'effets spéciaux comme Richard Edlund et Carlo Rambaldi, consacraient des entretiens à des grands écrivains de science-fiction comme Arthur C. Clarke, Philippe Curval et Gérard Klein, et diffusaient des épisodes de séries renommées comme La Quatrième dimension (The Twilight Zone), Au-delà du réel (The Outer Limits) et Le prisonnier. A des millions d'années lumière de la télévision actuelle - même s'il a pu récemment leur arriver d'apparaître à l'écran au côté de l'animateur Cyril Hanouna, chaque numéro de « Temps X » se concluait par une question philosophique portant le téléspectateur à réfléchir et lui faisant prendre conscience de la place modeste qu'il représentait du point de vue de l'infini du temps et de la vastitude de l'espace cosmique. Habituellement diffusé le samedi après-midi, le magazine avait fini par être relégué à des horaires variables, en soirée et à heure pas très régulière, ce qui avait constitué une première entrave fâcheuse à l’assiduité du public. Certaines émissions pouvaient en revanche être quelquefois surprenantes voire décevantes comme celle prometteuse sur la vie extraterrestre qui était principalement articulée autour d'un dessin animé destiné à la jeunesse, Le Secret des Sélénites de Jean Image. Les Bogdanov avaient aussi annoncé dans la presse un certain nombre d'épisodes de la série britannique Dr Who qui avaient été doublés en français, mais ils seront finalement diffusés dans le plus grand anonymat à 6 heures le dimanche après l'arrêt de l'émission, relegués à une case vacante de la grille des programmes pour la jeunesse pour un hypothétique public matinal. 

Le vaisseau spatial miniature du générique de l'émission "Temps X".

Pascal Pinteau a créé le navire, qui a été filmé par Jean-Manuel Costa.

                             

Etant également maquilleur, Pascal Pinteau a conçu à l'occasion quelques maquillages notamment pour une fiction diffusée dans le magazine, dont celui-ci appelé "bacille métalorphe", un masque en latex avec un système diffusant un liquide gluant, et qui était muni d'une pompe afin de permettre à l'interprète de respirer.

La minisérie Astrolab 22 qui avait été produite par TF1 en 1985 et qui bénéficiait de trucages de Jean-Manuel Costa, diffusée dans le magazine, avec Pierre Londiche dans le rôle du Professeur Necker, était conçu comme une évocation pédagogique de la perspective des voyages spatiaux.

Jean-Yves Cashga, collaborateur des Bogdanov, présidant en 1994 à Cavaillon le Festival Science Frontière consacré aux témoignages de signes de vie après la mort, qui réunissait notamment le psychiâtre Raymond Moody ayant écrit un ouvrage célèbre sur le sujet et Rémy Chauvin, biologiste et scientifique atypique.

La privatisation de la Première chaîne semble avoir sonné indirectement le glas de l’émission. Dans une perspective de rentabilité, la direction décida de faire sponsoriser les programmes. Les Frères Bogdanov recentrèrent alors davantage l’émission sur la technologie de manière à intéresser de grandes sociétés industrielles, suscitant notamment l'ire du spécialiste scientifique de la chaîne, Michel Chevalet, qui commentait tous les lancements de fusées et s’estimait dès lors menacé sur son créneau. Il se pourrait qu'il ait eu quelque influence dans la décision d’arrêter l’émission qu’il voyait comme une menace pour ses attributions alors que la nouvelle direction n'estimait de toute façon visiblement pas qu'un magazine consacré à la science-fiction était suffisamment fédérateur pour une chaîne ambitionnant de devenir la première télévision du réseau européen de télédiffusion.

Alain Carrazé (à droite) pendant un reportage consacré au créateur d'effets spéciaux Richard Edlund, derrière lequel on peut apercevoir la tête d'un "chien de l'Enfer" du film S.O.S. Fantômes (Ghostbusters) à côté de l'affiche du film.


Tournage du film Dark Crystal auquel un numéro de "Temps X" avait été consacré, mais nous fûmes probablement nombreux particulièrement parmi les jeunes télespectateurs à ne pas avoir eu l'occasion de le visionner, suite à la programmation chaotique du magazine, renvoyé en seconde partie de soirée à heure variable, et jamais rediffusé, une grande frustration concernant une oeuvre cinématographique aussi singulière et dont la réalisation fut un véritable tour de force. Il aura fallu pour beaucoup d'entre nous attendre que l'éditeur propose un documentaire sur l'histoire de la production en complément du film pour découvrir enfin les extraordinaires coulisses et l'énergie déployée par l'équipe de Jim Henson pour concevoir cette oeuvre (le lecteur intéressé par ce grand créateur peut se reporter à l'hommage consacré en ces pages pour le vingtième anniversaire de sa disparition en mai 2010).







Diffusion de scènes finales terrifiantes de films mettant en scène des créatures monstrueuses dans le magazine "Temps X" : de haut en bas, La Marque / Quatermass II (les deux photos du haut), classique de 1957 produit par la société britannique Hammer, avec les extraterrestres démasqués tentant d'asphyxier les ouvriers de l'usine en bouchant les conduits d'aération avec le corps de leurs collègues, la découverte du savant téléporté et accidentellement fusionné avec le corps d'un insecte, sur le point d'être dévoré par une araignée en sa toile dans La Mouche noire The Fly en 1958 et l'enfant monstrueux et souffreteux d'Earserhead Labyrinth Man, film expérimental de David Lynch en 1977 (les deux photos du bas).












L'émission des Bogdanov a permis aux téléspectateurs de découvrir des séries célèbres mais demeurées invisibles en France, à commencer par un grand nombre d'épisodes de La Quatrième dimension (The Twilight Zone) dans lesquels le Fantastique s'enracine principalement dans la psychologie des personnages. Ces épisodes à la conclusion souvent assorties d'une morale étaient introduits par le créateur Rod Serling (photo du haut). Sont présentées ici quelques images renvoyant à certains des épisodes les plus marquants diffusés : Les Monstres de Maple Street (The Monsters Are due on Maple Street) dans lequel une fausse alerte nucléaire amène des voisins à s'entredéchirer, une situation qui renvoie à l'actuelle pandémie qui a suscité bien des changements psychologiques aussi inattendus que détestables ; deux épisodes empreints de nostalgie avec un homme quelque peu désabusé qui se retrouve face à lui-même enfant dans Souvenir d'enfance (Walking Distance) et son homologue qui aspire à une vie moins stressante en rêvant d'un petit village idyllique qui n'existe peut-être que dans son imagination dans Arrêt à Willoughby (Stop to Willoughby), en dessous, Barry Morse (l'interprète du scientifique Victor dans la première saison de la série Cosmos 1999 (Space 1999) de Gerry Anderson) joue le détenteur cynique d'un piano magique capable de faire surgir le vrai visage de chacun (les deux photos suivantes) dans Un piano dans la maison (A Piano in the House) ; en dessous, Burgess Meredith dans un épisode cruel, Question de temps (Time Enough at Last), incarne un homme opprimé qui voit la fin du monde comme une opportunité pour lire enfin tranquillement jusqu'à ce que ses lunettes se brisent, puis compose un bibliothécaire harassé par une société totalitaire et utilitariste face à un procureur impitoyable incarné par Fritz Weaver qui décide que sa vie est inutile et doit être abrégée par l'Etat dans L'Homme obsolète (The Obsolete Man) anticipant de deux ans le roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury sur un sujet voisin ; les trois dernières photos mettent en scène un autre acteur réputé, Kevin McCarthy (voir l'hommage qui lui fut consacré ici en octobre 2010) dans Longue vie, Walter Jameson (Long Live, Mister Jameson), interprétant un historien qui connaît bien le passé pour l'avoir vécu grâce à sa très longue longévité avant que son âge réel le rattrappe subitement lorsqu'une ancien compagne délaissée après être devenue vieille vient l'empêcher de causer la désillusion d'une autre femme, un thème évoqué ultérieurement dans le film Highlander.






Parmi les autres séries proposées figuraient la vingtaine d'épisodes alors traduits d'Au-delà du réel (The Outer Limits), série contemporaine de La Quatrième dimension créée par Leslie Stevens et Joseph Stefano qui représentait pour la Science-fiction ce que cette dernière était pour le Fantastique, un programme inventif au budget modeste, comportant aussi bien des histoires originales que des adaptations d'oeuvres littéraires et s'achevant sur une fin souvent surprenante. Elle se caractérisait en outre par la présence fréquente de créatures monstrueuses. En haut, Donald Pleasance dans L'Homme qui détenait la puissance (The Man with a Power) interprète un homme effacé, malmené par son employeur et son épouse, qui obtient un pouvoir télékinésique. Les deux photos suivantes montrent la mésaventure d'un savant interprété par David McCallum qui a accéléré l'évolution des gènes de l'espèce humaine sur son organisme, se retrouvant avec un cerveau très développé mais le processus s'emballe en suscitant la vive et bien compréhensible inquiétude de sa fiancée, au cours de cet épisode qui est sans doute le plus connu de la série. Les photos suivantes montrent quelques créatures d'autres épisodes diffusés par les Bogdanov, les extraterrestres pacifiques fuyant le régime totalitaire de leur planète dans La pierre de lune (Moonstone), la pousse de fougère transformée par une entité extraterrestre dans Contrepoids (Counterweight) qui prévient les astronautes d'un centre d'entraînement que toute tentative de conquête de l'espace sera durement réprimée, et le microbe géant découvert dans un engin d'exploration interplanétaire dans Enquête sur un mystère (The Probe) dans lequel apparaissait brièvement sans être crédité l'acteur Willima Boyett évoqué dans l'article de décembre 2009.

 



Les épisodes de la série créée et interprétée par Patrick McGoohan Le Prisonnier (The Prisoner) dans le rôle-titre du "Numéro 6", remontant également aux années 1960 mais tournée en couleur, dans lequel un ancien agent secret est détenu dans un village (la série est tournée à Portmeirion, village du Pays de Galles au style architectural particulier) dont les dirigeants occultes tiennent apparemment à lui extorquer des secrets, furent aussi diffusés dans l'émission. Ils s'achevaient inévitablement par le commentaire d'un des Jumeaux "ainsi, les grilles du village se referment une nouvelle fois sur ce malheureux prisonnier", jusqu'à l'épilogue (photo du bas) dans lequel il est révélé que cette mise en scène n'avait pour dessein finalement que de tester la fiabilité de l'intéressé avant de lui proposer d'adhérer à leur organisation secrète alors même que son dernier tourmenteur, le Numéro 2 joué par Leo McKern (à gauche sur la photo) tombait en disgrâce pour avoir échoué dans sa mission.





Temps X a aussi diffusé deux courts-métrages de Jean-Manuel Costa, La tendresse du maudit, sur une gargouille de pierre qui s'anime, dans une atmosphère évoquant quelque peu Notre-Dame de Paris et son bossu solitaire,(les trois photos du haut) et Le Voyage d'Orphée, célèbre légende mythologique, dont la restitution est l'occasion d'un bel hommage aux films agencés par Ray Harryhausen, dans lequel le célèbre poète de l'Antiquité incapable de ramener sa bien-aimée Eurydice du monde des morts sans se retourner comme promis déchaîne la puissance infernale (quatrième photo), une scène tragique orchestrée par Jean-Manuel Costa (photo du bas) qui a aussi réalisé le générique de "Temps X" (lien vers son site officiel : https://www.jeanmanuelcosta.com/)  

Les Frères Bogdanov reviendront cependant brièvement avec un magazine de vulgarisation scientifique « Futurs » sur TF1 en 1989 et 1990 avant de céder la place à leurs doubles virtuels dans un court programme similaire, Rayons X, diffusé sur la deuxième chaîne française, mais ils ne retrouveront jamais une émission traitant de science-fiction qui aurait pu avoir sa place sur le service public. Ils avaient écrit divers ouvrages scientifiques dont l’un en collaboration avec le philosophe chrétien Jean Guitton, ainsi notamment que « L’effet science-fiction » dans lequel ils s’interrogeaient sur la réticence des décideurs, et notamment des politiques qu’ils avaient interrogés.


Après Clefs pour la science-fiction, les Bogdanov avaient signé, à l'époque en orthographiant leur nom Bogdanoff, leur fameux essai L'effet science-fiction, qui révélait notamment que les hommes politiques français n'éprouvaient guère d'attrait pour le genre parce que tout ce qui se rapportait au futur, à une époque à laquelle ils auront disparu comme leur a déclaré Simone Veil, leur faisait peur - en contrepartie, leur manque de vision à long terme est souvent très problématique.


Les Bogdanov avaient occasionnellement écrit eux-mêmes de la fiction avec leur roman La mémoire double en 1985 qui jouait sur le titre en faisant apparaître l'image des Jumeaux sur la couverture. L'histoire préfigurait quelque peu le film Matrix avec sa réalité virtuelle dans laquelle est plongé son protagoniste, même si le sujet de la manipulation mentale d'un agent secret, cette fois au travers du conditionnement et de décors artificiellement recréés, constituait l'intrigue du film Project X de William Castle en 1968.



Les Jumeaux avaient reporté leur aspiration à la vulgarisation sur des parutions illustrées d'images infographiques, un ouvrage sur les extraterrestres dans la lignée de Jack Cohen, un autre sur les derniers jours des dinosaures et un troisième sur le temps, mais ils privilégieront le thème de l'origine de l'univers qu'ils ont tenté d'approcher au travers de leurs travaux universitaires.


Les Bogdanov ont écrit un certain nombre d'ouvrages scientifiques donnant corps à la vision de Descartes selon laquelle l'univers était d'abord une abstraction mathématique élaborée par le Créateur, une vision quasi-mystique qui fut accueillie fraîchement pas leurs confrères ; en bas à droite, l'essai Avant le Big Bang préfacé par leur ami Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l'Education nationale. Certains ont aussi considéré qu'au travers des différents titres, les auteurs empressés de diffuser leur thèse refaisaient toujours plus ou moins le même livre.


Des profils intrigants

Les Bogdanov étaient parvenus à demeurer extrêmement populaires, en dépit des nombreuses controverses qui s’attachaient à eux, la mise en cause de la rigueur de leurs travaux de recherche universitaire portant notamment sur l’origine de l’univers, des accusations de plagiat par des confrères, de voies de faits commises par Igor à la suite de sa séparation avec une compagne, et d’escroquerie à l’encontre d’une personne qui s’est donnée la mort, qu'il voulaient associer à divers projets ambitieux et coûteux dont la relance de l'émission "Temps X" sur la chaîne You Tube. Ceux-là accusèrent à leur tour l'entourage de la victime de manipulation ayant amené à son geste fatal. Il apaprtient à la justice d'établir la vérité, l'enquête se poursuivant en questionnant les proches impliqués indirectement. L’évolution spectaculaire du physique des Jumeaux était aussi un sujet de discussion, l’épaississement de leur menton et le développement impressionnant des pommettes notamment chez Grichka, ayant fait penser à un dysfonctionnement physiologique connu sous le nom d’acromégalie. Les intéressés avaient un temps évoqué leurs origines mêlées, notamment un père afro-américain, dont l'expression des gènes s'affirmait davantage au fil du temps, pour justifier ces caractéristiques de plus en plus marquées, puis avaient laissé entendre qu’ils expérimentaient un traitement novateur qui devait leur permettre de vivre bien au-delà de la longévité humaine ordinaire, peut-être plusieurs siècles, mais leur ami le philosophe et ancien ministre Luc Ferry a finalement révélé qu’ils avaient eu recours à l’implantation d’une prothèse pour accroître un menton jugé pas assez prononcé et concrétiser une ressemblance avec un ancêtre slave, puis à l’injection de botox pour amoindrir les effets du vieillissement. Le triste paradoxe est qu’ils s’étaient ainsi prêtés à ces interventions chirurgicales et esthétiques mais qu'ils n'accordaient par contre pas suffisamment de confiance en la médecine pour se faire vacciner contre le COVID, estimant dans la lignée du controversé Professeur Raoult de Marseille qu’un bon état de santé suffirait à les prémunir contre les effets graves d’une contagion par le virus ravageur.


Les Frères Bogdanov au début de leur incroyable évolution physique

Tout en conservant une maison dans le Gers, les Frères Bogdanov étaient très implantés dans le milieu parisien et nombre de célébrités se pressèrent lors des funérailles. Ils étaient cependant moins présents sur les réseaux sociaux, ce qui n’a pas permis d’obtenir un entretien pour le blog. Demeure cependant le souvenir notable de « Temps X », et ce site continuera dans son sillage à proposer ici, autour de la thématique des créatures, ce mélange entre imaginaire et vulgarisation scientifique à la fois exigeante et critique, dans un éclectisme aspirant à réunir un riche lectorat.

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Parmi les invités de l'émission « Temps X » figura notamment le dessinateur Jean-Claude Mezières qui vient de disparaître le 22 janvier 2022 à l'âge de 83 ans, lequel avait reçu les encouragements et le soutien d'Hergé à l'âge de 15 ans. Il était particulièrement connu pour ses bandes dessinées de science-fiction ayant quelque imprégnation humoristique, Valérian et Laureline, fruit d'une collaboration prolongée avec le scénariste Pierre Christin, également associé de longue date avec Enki Bilal. Les personnages avaient été portés à l'écran en 2017 sous le titre Valérian et la Cité des 1000 planètes par le cinéaste Luc Besson, recourant comme son habitude à des trucages essentiellement infographiques. 


Une collaboration à long terme entre Jean-Claude Mezières (à droite sur les photos) et Pierre Christin (à gauche), et entre eux sur la photo du haut, Evelyne Tranlé, soeur de l'artiste et coloriste des albums.

                                   Les principaux protagonistes des aventures de Valérian.

Jean-Claude Mezières avait publié un album recensant un certain nombre des créatures imaginées pour la saga, Les Habitants du Ciel, dont voici un florilège des plus originales : 







Créatures de la saga Valérian : de haut en bas, un Glampum'tien, un Shalafut de Bromm, un Shalafut dédoubleur, un Marcyam, une autre créature aquatique, un Zypanon et un Tüm Tüm de Lüm.

entretien dans « Temps X »: https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i11073479/jean-claude-mezieres-a-propos-de-valerian-et-des-empires-galactiques

site officiel : https://www.noosfere.org/mezieres/

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L'actrice Yvette Mimieux est décédée dans la nuit du 17 janvier 2022 à l'âge de 80 ans. Elle était surtout connue des amateurs de cinéma de science-fiction pour son rôle de Weena, une femme du lointain futur dans l'adaptation cinématographique par George Pal en 1960 de La machine à explorer le temps (Time Machine) d'après le roman d'Herbert George Wells. Elle renoua avec le genre en interprétant le Docteur Kate McKrae en 1979 dans Le Trou noir (The Black Hole) de Gary Nelson, dans lequel elle était encore une femme attirante.





Yvette Mimieux dans le rôle de Weena que vient secourir le voyageur du temps interprété par Rod Taylor, et qui lui montre grâce à un anneau précurseur des DVD des images des époques passées. En dessous, la belle et la bête, Weena menacée par un Morlock, issu d'une autre lignée future de l'humanité, descendants effrayants des classes laborieuses, dont le maquillage a été créé par William Tuttle.



Le Dr McKrae s'efforce de percer la personnalité du Dr Hans Reinhardt (Maximilien Schell), un explorateur forcéné de l'espace dont les robots dissimulent un terrible secret.


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