samedi 28 février 2026

ZOOLOGIE FACETIEUSE

  QUAND L'HISTOIRE NATURELLE SE PIQUE DE FANTAISIE, 5ème partie


Un arbre phylogénétique fantaisiste avec le groupe imaginaire des Rhinogrades inclus entre les rongeurs et les éléphants - et à gauche, le "Marsupilami" créé par le dessinateur Franquin.

        Les faux animaux naturalisés n’ont pas tout à fait disparu à l’époque moderne. Un chasseur suédois nommé Hakan Dahlmark avait prétendu avoir abattu en 1874 un animal hybride qui était pour moitié une hase (femelle du lièvre) et pour moitié un coq de bruyère. Pour son anniversaire, son neveu lui offrit en 1907 une peinture qu’il avait réalisée d’après sa description, et Dahlmark fit don de celle-là avant sa mort à la société de préservation historique de la région de Medelpad. Le nouveau directeur de la société, Carl Erik Hammarberg, demanda à un taxidermiste renommé, Rudolf Granberg, de créer un spécimen de toutes pièces que le public vint voir en nombre bien que le caractère manifestement fabriqué de l’animal naturalisé apparaisse manifeste à l’immense majorité des visiteurs. L’animal, connu sous le nom de" skvader", est devenu très populaire comme son cousin le "jackalope", un lièvre portant des bois de jeune cerf tout aussi trafiqué (il a cependant existé dans les temps préhistoriques à défaut de ces lagomorphes fictifs un rongeur véritable, l’épigaulus, qui portait deux cornes sur son museau, ainsi qu’un tatou cornu, le Peltephilus).

Un spécimen naturalisé de "skvader".

        Si ces deux chimères sont plutôt objets de railleries, une farce que les habitants du cru tentent de faire accroire aux touristes, un autre animal trafiqué suscite en revanche la peur au Mexique. Nommé Chupacabra, cet être né d’une légende contemporaine est réputé boire le sang des chèvres tels un vampire. Beaucoup le redoutent mais sa description est extrêmement variable, d’un chien féroce à un humanoïde démoniaque ou extraterrestre, et on a aussi prétendu qu’il était ovipare. Plusieurs cadavres furent ainsi prétendument identifiés comme celui du monstre, du canidé hirsute à un petit humanoïde censé être extraterrestre et assimilé à la créature dont le découvreur qui prétendait l’avoir tué fut forcé de reconnaître à la suite de tests génétiques qu’il s’agissait du cadavre d’un singe mort dans un zoo qu’on avait modifié de manière à le faire passer pour la petite créature effrayante. Il en va de même pour une tête effrayante décapitée que tout porte à croire n’être qu’une création d’un artiste expérimenté, Charlie White, et de fausses sirènes sont à nouveau à la mode, élaborées par des artistes qui tentent parfois de faire croire au public à leur réalité. On peut considérer sans grand risque que le Chupacabra est une créature surnaturelle issue de légendes locales récentes et non d’un être ayant quelque fondement de réalité.  

Une tête de Chupacabra digne des meilleurs films d'épouvante.

        Il ne manquait qu’un scientifique pour prêter sa crédibilité à des animaux fictifs et c’est à cette tâche que s’employa le zoologiste allemand Gerolf Steiner de l’Université de Karlsruhe en faisant paraître en 1961 sous le pseudonyme d’Harald Stümpke une étude sur un groupe d’animaux imaginaires, dont la version française fut préfacée par Pierre-Paul Grassé, confrère très renommé dans les années 1950 sous la direction duquel parut la monumentale collection du Traité de zoologie, œuvre de référence en une trentaine de volumes de plusieurs milliers de pages chacun, couvrant tout le règne animal. Selon cette étude, Anatomie et biologie des Rhinogrades, un soldat suédois qui se serait enfui d’un camp japonais en 1941 aurait trouvé refuge sur une petite île du Pacifique isolée où un groupe de mammifères se serait diversifié, à la manière des pinsons des Galapagos étudiés par Darwin, en développant particulièrement leur appendice nasal – d’où leur appellation de Rhinogrades, désignant "ceux qui déplacent en usant de leur nez". L’archipel aurait disparu en 1956 à la suite d’un essai nucléaire effectué à proximité, causant l’extinction du groupe et la disparition de toute preuve de leur existence. L’étude recensant un grand nombre de genres est assortie de fausses références, à la manière des ouvrages imaginaires que l’écrivain Lovecraft cite souvent dans ses récits en tête desquels le "Necronomicon" et auxquels certains lecteurs sont enclins à accorder quelque crédit (la collection "J’ai lu" avait même fini par publier une parution sous ce titre dans sa série "L’aventure mystérieuse"). A la fin de la préface au livre du supposé Harald Stümpke, le scientifique et zoologiste réputé Pierre-Paul Grassé prévenait néanmoins le lecteur le plus critique par cette apostrophe : "Mais pour conclure, Biologiste, mon bon ami, souviens-toi que les faits les mieux décrits ne sont pas nécessairement les plus vrais". 

Un faux schéma scientifique montrant le squelette d'une espèce de Rhinograde, Optoteryx volans, lequel, comme l'indique sa dénomination, a aussi développé ses oreilles qui lui permettent de voler.


Prolongeant l'imposture, cette fois sans nier la supercherie, des musées ont présenté des exemplaires naturalisés factices de Rhinogrades comme ici à Perpignan, avec la fabrication du squelette d'Optoteryx volans d'après l'illustration au-dessus, ainsi qu'un faux exemplaire naturalisé.

Le musée zoologique de Strasbourg n'est pas demeuré en reste avec ce Dulcicauda, qui piège des insectes à l'aide de son abondante sécrétion nasale émise par son appendice nasal proéminent.

        Certains estiment que la raison pour laquelle Pierre-Paul Grassé a cautionné cette mystification aurait été de tourner en ridicule la théorie de Darwin alors qu’il serait lui-même demeuré attaché à la vision antérieure du transformisme postulée par Lamarck – lesquelles pourtant, si elles s’opposent sur les modalités de transformation des espèces, la seconde privilégiant davantage l’hérédité que la sélection par la concurrence, se rejoignent sur le constat que les espèces se modifient au cours du temps pour mieux s’adapter à leur milieu, de sorte que cette satire aurait pu plus naturellement séduire les créationnistes, comme le Turc Haroun Yayha qui moque la zoologie prospective de Dougal Dixon comme n’étant qu’une illustration supplémentaire de l’imagination manifestée par les évolutionnistes. 


Une édition française et en dessous, l'auteur de la préface, Pierre-Paul Grassé derrière son microscope.

    L’appendice nasal des Rhinogrades ou "nasarium" présente un aspect varié, certains sont pourvus d’un jeu d’excroissances qui évoque une corolle pour piéger les insectes comme chez le Ranunculonasus et le corbulonase, d’autres les engluent avec leurs sécrétions comme "Dulcicauda", d’autres comme le polynase ont un appendice ramifié et mobile capable de capturer les proies à la manière de tentacules, tandis que l’"Otopteryx" a aussi développé ses oreilles ossifiées au point de pouvoir les utiliser pour voler. Et cependant, la trompe de l’éléphant et le nez du nasique mâle sont de véritables appendices nasaux qui sont tout autant surprenants que ceux de son ordre fictif de mammifère, tandis la musaraigne éléphant et les desmans, pourvus d’un très long nez, ainsi que celui divisé en appendices digitiformes d’un autre insectivore, le condylure étoilé à l’instar de celui du polynase, ne sont pas si éloignés de l’allure de ces petits animaux imaginaires qui auraient pu finalement, pour au moins une partie d’entre eux, exister. Des musées ont depuis concrétisé davantage la réalité prétendue de ces créatures en proposant de faux exemplaires aux visiteurs.


Illustration représentant le Polynase Eledonopsis au nez ramifié et tentaculaire.

        Ces Rhinogrades ne représentent pas le seul groupe zoologique fictif même s’il est le plus célèbre. D’autres ne relèvent en revanche pas d’un canular mais ont été créés ouvertement comme des modèles afin de mieux visualiser les processus évolutifs menant à la différenciation des espèces. Un spécialiste des Acariens, Joseph H. Camin, inventa au début des années 1960 le groupe des Caminalcules, de petits animaux au nom décliné du sien, dessinant différentes lignées s’étant différenciées en fonction de leur mode de vie, nage, enfouissement ou encore vie terrestre, incluant 29 espèces vivantes et 48 formes éteintes. Camin adressa notamment une copie de ses créations à son collègue Robert S. Sokal en 1970, et quatre ans après la disparition de son auteur, ce dernier fit paraître en 1983 quatre articles remarqués traitant des Caminalcules dans la revue officielle consacrée à la zoologie systématique. Ces écrits alimentèrent la réflexion d’évolutionnistes cherchant à identifier plus précisément la manière par laquelle les caractéristiques des organismes se transforment pour constituer de nouveaux types, notamment les incidences de l’appréhension de ces mécanismes et de la phylogénie de l’ensemble du groupe lorsqu’on introduit des formes fossiles, fournissant également matière à des exercices en lycée et dans les premières années du cursus universitaire, permettant par exemple de souligner le phénomène d’évolution convergente au travers de ce modèle expérimental. Un autre groupe imaginaire fut proposé de manière similaire en 1993 par Ulrich Wirth, les Didaktozoaires qui, comme leur appellation l’indique, sont destinés à proposer une vision simplifiée des mécanismes évolutifs à partir d’organismes encore plus rudimentaires.

    

Zoologie fictive : en haut, des Caminalcules, en bas des Didaktozoaires.

              Le goût du véritable canular zoologique s'est quant à lui maintenu dans les toutes dernières années, ainsi que le démontre la tentative le 1er avril 2018 de ranimer la crédulité pour le curieux squelette de licorne bipède de Magdeburg, "Monoceros mandaciloquus", évoquée en septembre 2025 à l'occasion de la troisième partie de cette série d'articles. L'année suivante, un chercheur japonais a révélé la découverte et la capture d'un représentant d'une nouvelle espèce de mammifère fouisseur au corps nu et serpentiforme, qu'il a pu examiner aux rayons X.  En dépit du ton très sérieux de l'article, le nom du découvreur signifiant "poisson d'avril" en japonais ne pouvait manquer d'éveiller la suspicion du lecteur nippon.    

        Le mammifère fictif est visiblement inspiré de l’hétérocéphale, un rongeur sans poil et au corps allongé d’Afrique vivant au sein d’une colonie souterraine rappelant celles des insectes sociaux, même si l’article précise qu’il n’est en rien apparenté à ce "rat-taupe nu", mais selon la conformation de sa dentition, se rapprocherait d’un groupe de mammifères primitifs contemporains des dinosaures qu’on appelait traditionnellement des Triconodontes en raison des trois crêtes surmontant leurs molaires, d'où son nom d'"Ophiotriconodon", le "Triconodon-serpent". L’idée qu’un animal appartenant à un groupe disparu ait survécu en se maintenant dans une niche écologique marginale correspond tout à fait à ce que l’on connaît des fossiles vivants dont le plus célèbre exemple est le cœlacanthe, représentant actuel du groupe des Crossoptérygiens qui s’est réfugié dans des eaux assez profondes où la concurrence est moindre. L’auteur pousse la tendance à l’élongation au maximum à la manière des amphisbènes, des lézards fouisseurs au corps cylindrique apparentés aux serpents, notamment le bipes à deux pores mexicain qui a conservé une toute petite paire de pattes non loin de la tête, et cette évolution se retrouve chez beaucoup de sauriens serpentiformes dont le plus connu est l’orvet. On pourrait aussi penser aux acariens. Celui qui vit dans les pores de la peau, Demodex follicularum, a déjà un corps cylindrique avec de petites pattes rudimentaires, mais la tendance est extrême chez les Nematalycidés comme des espèces au corps vermiforme découvertes récemment dans le sol aride aux États-Unis et celle-là atteint son paroxysme chez Gordialycus du désert saharien qu’on pourrait confondre avec un Nématode tant ses pattes sont réduites à de minuscules crochets. On ne trouve rien d’aussi extrême chez les mammifères même si le Basilosaurus évoqué dans l’article précédent était un cétacé au corps très allongé et que des traces de membres n’ont à ce jour pas été retrouvé associées au squelette d’un hérisson fouisseur d’Amérique du Nord, Proterix, laissant spéculer sur leur possible disparition. Quoi qu’il en soit, ce mammifère du 1er avril n’existe nullement, mais à l’instar des Rhinogrades de Grassé, n’est pas pour autant totalement implausible.

Représentation, vraisemblablement par le procédé de photomanipulation, du mammifère apode Ophiotriconodon - à noter que dans la novélisation du film Le dragon du lac de feu (Dragonslayer) figure parmi les créatures convoquées par la magie une créature serpentiforme poilue qui pourrait évoquer un mammifère apode.

        Montrer un faux animal vivant, fabriqué de toutes pièces, est une étape encore supplémentaire dans la supercherie, et c’est ce à quoi a excellé un autre japonais qui a réalisé une courte séquence sur une créature censée vivre en bord de mer. La créature à peu près ovoïde de teinte ocre de plus de 20 centimètres de long rampe sur une sole rose et éjecte à l’occasion un peu d’eau. Le caractère organique de la créature est plutôt bien rendu, et son allure évoque assez un des tous premiers mollusques, Kimberella, qui vivait à la fin du Précambrien dans la période dite édiacarienne. Une première vision pourrait laisser croire que l’être est bien réel, avant que l’on s’avise que, même si les créatures non vertébrées ne font que rarement la Une des journaux sauf quand elles s’échouent en masse comme ce fut le cas en Amérique du Nord pour une population de l’Echiurien Urechis, et que bien peu de gens doivent connaître l’aplysie ou lièvre de mer, un gastéropode sans coquille de la même taille que l’animal inconnu, l’ignorance manifeste par les zoologistes eux-mêmes d’une créature aussi visible dans un endroit accessible ne peut qu’amener à considérer qu’il ressortit à une habile manipulation. Il semble en fait s'agir d'une séquence d'une production horrifique japonaise de 2008, Ura horror, prétendant à la façon du Projet Blair Witch, montrant des scènes supposées réelles qui révèle des créatures surnaturelles telles que des fantômes. De surcroît, que cette créature marine puisse aussi se trouver au dessus de la zone de marée en dépit d’une texture qui paraît promise à une rapide dessication doit aussi amener à faire douter l’observateur avisé.

La créature marine japonaise vue du dessous et retournée, telle qu'elle apparaît dans une courte séquence filmée.

        Certaines dépouilles rejetées par les eaux se prêtent aux interprétations les plus diverses, conne celle qui fut remontée à son bord le 25 avril 1977 par un chalutier japonais, le Zuyio Maru mouillant sur la côte néo-zélandaise de Christchuch, longue d’une dizaine de mètres, au poids avoisinant les deux tonnes, présentant quatre nageoires, un long cou et une longue queue. En raison de la pestilence et du liquide purulent qui s’en écoulait, le corps fut finalement rejeté à la mer. Alors que le récit se répandait en faisant sensation, le responsable de la compagnie demanda à ses bateaux de rechercher le spécimen et il en alla de même pour les navires russes, mais la carcasse ne put être retrouvée. Le paléontologue japonais Tokyo Skimama assura qu’il s’agissait d’un plésiosaure, un reptile marin contemporain des dinosaures, avec l’assentiment d’un professeur de biologie de l’université de Chicago, Leigh Van Valen ; son collègue Fujiro Yasuda de l’université océanographique de Tokyo était aussi de l’avis qu’il s’agissait d’un animal de la Préhistoire. D’autres émirent des doutes quant à la possibilité qu’une créature de cette taille ait pu survivre aux changements de l’environnement et demeurer inaperçue étant donné leur respiration aérienne, et le scientifique suédois Ove Persson rappela que par le passé, d’autres cadavres similaires qui avaient été comparés aux reptiles marins géants du mésozoïque s’étaient avérés être les restes de requins décomposés. Une équipe japonaise produisit ainsi en août 1978 un rapport qui déduisait que l’interprétation du cadavre en tant que dépouille d’un grand sélacien était effectivement la plus vraisemblable.

Photo colorisée de la carcasse décomposée pêchée par un chalutier japonais en 1977, dont l'allure générale lui a valu d'être un peu rapidement d'être rapportée à un reptile marin géant de l'époque des dinosaure, le plésiosaure.

        Des témoins prétendirent aussi avoir assisté à des combats avec de formidables animaux, un monstre de Californie se battant avec des otaries en 1925 et l’année précédente, la Bête du Natal affrontant des baleines au large des côtes de l’Afrique du Sud qui évoquait un ours blanc d’une quinzaine de mètres de long avec une trompe et une longue queue ; quelques jours plus tard, les restes de ces créatures étaient rejetés par la marée dans un état les rendant difficilement identifiables après que les flots ne les remportent. La première dépouille était vraisemblablement le cadavre d’un cétacé très rare pourvu d’un bec, le Berardius, et la seconde, surnommée depuis Trunko, le cadavre d’un grand requin aux chairs décomposées, d’où l’aspect de fourrure, avec lequel pouvaient jouer les deux baleines, la disparition des arcs branchiaux laissant paraître un appendice allongé évoquant une trompe ou un long cou comme pour le spécimen du Zuyio Maru ou pour une autre carcasse célèbre, la Bête de Stronsay.

        L’être supposé vivre dans le Loch Ness a lui aussi été identifié à un plésiosaure survivant du Mésozoïque sous forme d’une petite population, ou à un pinnipède inconnu à long cou, parmi beaucoup d’autres suggestions comme une grosse anguille ou plus probablement un esturgeon de belle taille. En dépit de l’absence de spécimen, et sur la base d’une photographie supposée être celle d’une nageoire enregistrée à partir d’un sonar, les cryptozoologistes Robert H. Rhines et Peter Scott lui ont donné en 1975 un nouveau nom scientifique, Nessiteras rhombopteryx, l’hypothétique créature ayant déjà été baptisée en 1965 Megalotaria longicollis par Bernard Heuvelmans pour désigner une espèce présumée de pinnipède marin à long cou qui aurait notamment trouvé refuge dans le Loch – on a trouvé le fossile d’un phoque à cou assez allongé, Acrophoca, dans un gisement du Miocène tardif d’Amérique du Sud, mais sans commune mesure avec l’être hypothétique du Loch, en dépit de son surnom de "phoque à cou de cygne".  La créature mythique a fait l’objet d’autres canulars, un plaisantin a ainsi imprimé en 1933 sur la grève la trace de pattes à partir d’un pied d’hippopotame monté  en support de parapluie.

        La veille  du 1er avril 1972, une équipe anglaise du zoo de Dudley découvrit un cadavre immergé dans le Loch Ness qu’elle chargea dans une camionnette à destination de leur établissement avant d’être interpellée par la police pour transport illégal de spécimen inconnu du Loch Ness. Le corps de cinq mètres de long et lourd d’une demi-tonne fut présenté par la presse comme étant celui du fils de la mythique créature, mais les zoologistes écossais l’identifièrent comme dépouille d’un éléphant de mer austral. Le lendemain, un employé du zoo de Dudley, John Shields, révéla qu’il avait déposé dans le lac le pinnipède mort durant le week-end dans le zoo puis passé un appel téléphonique à ses collègues intéressés par le monstre du Loch Ness afin de leur faire une farce sans se douter des divers retentissements. Quant à la photo la plus célèbre de la créature datant de 1934, le gynécologue Robert Kenneth Wilson reconnut avant de décéder qu’il l’avait truquée avec un modèle réduit de sous-marin et un cou en pâte à modeler, mais certains émettent des doutes sur cet aveu, et la paternité de la prise est revendiquée par un homonyme, le Professeur Lambert Wilson, Depuis, des études systématiques du lac ont été conduites en usant de techniques de pointe, mais ne sont pas révélées concluantes, les photos prises au sonar sous l’eau semblant montrer un animal à long cou et un gros plan sur une nageoire s’étant avérées fortement retouchées de manière à soutenir cette interprétation. Néanmoins, la certitude selon laquelle existerait dans ce lac un genre de reptile préhistorique ou un mammifère marin géant dont se prévalaient certains zoologistes férus de cryptozoologie comme Bernard Heuvelmans persiste toujours chez certains, comme c’était le cas pour le regretté Scott Mardis à qui il a été rendu hommage en ces pages.


Le pinnipède mort déposé en 1972 sur les bords du Loch Ness, sans lien avec le phoque géant supposé habiter les lieux.

        Des carcasses animales qui ont été trouvées sur la plage de Montauk aux États-Unis ont été associées à des expériences qu’aurait menées l’armée américaine dans une base à proximité, suite aux dires d’un homme qui a affirmé sous hypnose avoir servi de cobayes à des expériences secrètes. Il s’agissait plus simplement de dépouilles de chiens ou de ratons-laveurs dénaturées et mutilées après avoir séjourné dans l’océan, certains interprétant comme un bec les mandibules tronquées. Il en va de même pour des cadavres de paresseux présentées comme ceux d’extraterrestres, dont la fourrure est tombée, comme celui de la photo-mystère d'avril 2025. 

       

Ces autochtones de la Shishole Bay montrent fièrement en 1910 un serpent de mer qui a manifestement été façonné dans un tronc d'arbre pour un canular.

        L’hypothèse d’humanoïdes simiesques dans des endroits reculés a particulièrement fait travailler les imaginations. Le zoologue Bernard Heuvelmans était là aussi convaincu de la réalité de la survie d’"hommes-singes" et fut persuadé d’avoir trouvé le corps du "Bigfoot" exposé dans la glace par un forain, mais n’obtint pas la permission de l’examiner et les lecteurs qui ont lu l’hommage au sculpteur Dale Kuipers se rappellent peut-être qu’il en fut selon toute vraisemblance le créateur. Quant à son équivalent d’Himalaya, le Yéti, des scalps suggérant la partie supérieure d’une boîte crânienne conique, dont la photo a été présentée jusque dans l’encyclopédie "Au royaume des animaux" de Maurice Burton, ont été démasqués comme étant des artefacts recouverts de crin de cheval fabriqués par des moines bouddhistes, tandis que l’analyse génétique récente d’autres poils a indiqué que ceux-ci provenaient d’un ours non identifié, présentant des caractères intermédiaires entre lours blanc et l’ours polaire. Des analyses de poils d’humanoïdes américains ont donné des résultats plus énigmatiques se rapprochant de notre espèce. L’étude d’un gisement récent laisse à penser qu’un des premiers hommes, l’Homo erectus, aurait survécu jusqu’à 100 000 ans avant notre ère, ce qui n’aurait manqué de relancer les convictions d’Heuvelmans sur la pérennité de chaînons manquants à notre époque, comme l’Almasty du Caucase dont un cri défiant toute analyse a été enregistré lors d’une expédition scientifique franco-russe dirigée par la chirurgienne Marie-Jeanne Koffmann.

Un "scalp" supposé de Yéti.

        Quelquefois, la science se montre fantaisiste par son biais méthodologique. On a évoqué dans l’article « Il ne leur manque (presque) que les pattes » d'avril 2022 comment un ver plat à la position systématique très discutée, Xenoturbella qui vit dans les eaux froides et profondes de fjords scandinaves, avait été à tort considéré comme un type de gastéropode par confusion avec l’analyse moléculaire de tissus de sa proie ; les mêmes outils utilisés pour les classifications ont aussi rapproché des serpents la lamproie sans mâchoire, laquelle selon toute vraisemblance se rattache aux Vertébrés les plus ancestraux et nullement aux Reptiles.

        Dans le prochain volet de cette série d’articles, nous verrons qu’à l’époque contemporaine, les traces de la vie passée continuent elles aussi quelquefois d’inspirer les interprétations les plus fantaisistes.

PS : pour les informations sur les deux groupes d'animalcules imaginaires, ce site est redevable à cet article : http://onelephantsandbacteria.net/2016/11/02/the-scientific-imaginary-creatures-i-the-history-of-caminalcules/

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Mentionnons brièvement la disparition de deux acteurs lointainement en rapport avec notre sujet

Il avait été L’homme caméléon

Robert Duvall dans le rôle principal de THX 1138.

        Robert Duvall, acteur américain décédé le 15 février 2026, avait figuré à l’affiche de films célèbres comme Apocalypse Now et Le Parrain. L’amateur de science-fiction le connaissait surtout pour avoir été la vedette de THX1138, premier film de George Lucas, le créateur de la saga de La Guerre des étoiles. Il prêtait ses traits austères à un personnage d’une société très conformiste à l’esthétique quasi-médicale, dans lequel, à l’instar d’Alphaville de Jean-Luc Godard au rythme également lent et plutôt atoneles individus sont réduits à des numéros et qui finissait par se révolter – un sujet qui rappelle aussi avec une atmosphère encore plus réduite à la technicité et l’utilitarisme 1984À la télévision, Robert Duvall avait incarné aussi bien le Général Eisenhower qu’Adolf Eichmann pour un téléfilm racontant l’enlèvement de l’ordonnateur de la "Solution finale" afin de le faire condamner par la justice israélienne.



Robert Duvall dans le rôle-titre de THX 1138, subissant unes société complètement normalisée où l'amour est interdit et où il est sous la surveillance constante d'un petit chef joué par Donald Pleasance (à droite en bas).


Une curieuse, brève et muette apparition de Robert Duvall dans le rôle d'un ecclésiastique à l'air renfrogné qui s'adonne à la balançoire dans un parc public dans le prologue du premier remake de L'invasion des profanateurs (Invasion of the Body Snatchers) réalisé en 1978 par Philip Kaufman.

        Comme nombre de futures vedettes, Robert Duvall était apparu dans de célèbres séries fantastiques et de science-fiction des années 1960. Dans l’épisode Miniature de La Quatrième Dimension (The Twilight Zone), il joue Charlie Parkes, un visiteur de musée qui s’entiche d’une poupée figurant dans une maison miniature ; dans l’épilogue, on le retrouve lui-même changé en figurine à côté de l’objet au centre de toute son attention.

        Dans le seul épisode en deux parties d’Au-delà du réel (The Outer Limits), Les héritiers (The Inheritors), des soldats américains blessés par des balles forgées dans une météorite appliquent un plan consistant à construire un vaisseau qui emmènera des enfants handicapés sur une autre planète où ils seront guéris et pourront repeupler ce monde dont les habitants sont voués à disparaître. La mise en scène amène à croire au dévoilement progressif de l’intrigue qui n’est pas exempt d’émotion et de poésie.

        L’épisode Le Caméléon (The Chameleon) est plus incisif. Robert Duvall y interprète Louis Mace que l’armée transforme génétiquement en un extraterrestre afin d’espionner de l’intérieur ceux qui se sont posés sur la Terre, et découvre qu’ils sont juste venus réparer leur vaisseau comme ceux du Météore de la nuit (It Came from Outer Space). Il est bientôt tiraillé entre son ancienne et sa nouvelle identité, sujet similaire à celui de l’épisode The Architects of Fear, même si ce dernier avec Robert Culp dans le rôle principal est traité sous un angle plus dramatique (il a été évoqué lors de l'hommage à l'acteur), comme le remake du Caméléon de la nouvelle saison, Au-delà-du réel, l’aventure continue (The New Outer Limits) avec Clancy Brown (Highlander) très digne et émouvant dans le rôle principal.


Robert Duvall au début de l'épisode The Chameleon de la série Au-delà du réel (The Outer Limits) puis changé en agent d'infiltration extraterrestre.

Bien que marié à quatre reprises, Robert Duvall a disparu sans descendance.


Un Cain véritablement inhumain

        Tom Noonan est décédé un jour plus tôt. Sa taille d’un mètre 96 avait permis à l’acteur d’incarner des personnages inquiétants mais faussement doucereux à la manière de Julian Beck dans Poltergeist II, comme le tueur en série du Sixième Sens (Manhunter), l’assassin d’enfants qui se fait appeler par ses victimes "Le Magicien" dans La promesse (The Pledge) ou l’incarnation de la Mort elle-même tout juste sortie du film Le Septième Sceau (The Seventh Seal) d’Ingmar Bergman dans Last Action HeroPour l’amateur de science-fiction, il est aussi le gourou et trafiquant de drogue Cain dans Robocop 2, avec un style qui n’est sans rappeler le vrai chef de secte Raël, abattu par la police puis achevé sur ordre de la responsable de la section scientifique qui le transforme en policier cyborg que l’administration espère contrôler grâce à sa dépendance aux psychotropes. Le criminel n’était en fait que le prête-nom du vrai dirigeant du réseau, un enfant prépubère sans scrupules, dans ce film très sanglant que réalisa Irvin Kershner sous le prétexte assez fallacieux de dénoncer la violence. Le film débouche cependant sur un épilogue assez moralisateur, affirmant que le seul policier cybernétique fiable est Murphy (Peter Weller), parce que ses valeurs chrétiennes ont ancré définitivement en lui le sens du devoir. 


Tom Noonan incarne Cain, un trafiquant de drogue promis à un destin particulier dans Robocop 2.

Caïn sévit à nouveau dans Robocop 2 une fois son cerveau transféré dans une armature robotisée.

        Tom Noonan est aussi mémorable pour sa participation au pilote de la série Demain à la Une (Early Editiondans lequel il joue un braqueur de banque qui s’avère être un chômeur touchant et que Gary Hobson (Kyle Chandler) tente d'empêcher de commettre un massacre après avoir appris ce qui allait advenir grâce à un journal dévoilant l'avenir qu'il se met à recevoir tous les jours.



Gary a su apaiser et désamorcer la rancœur d'un chômeur meurtri par la vie.


Disparition d'un célèbre écrivain de science-fiction, Dan Simmons

        Disparu à l'âge de 77 ans le 21 février 2026, l'Américain Dan Simmons était un des écrivains de science-fiction les plus célèbres de ces dernières décennies pour son cycle Les cantos d'Hypérion. Cette saga composée notamment d'Hyperion, d'Endymion et de leur suite, qui confine au métaphysique voire à l'ésotérisme, met aux prises l'Humanité future de l'Hégémonie aux Extros, des humains adeptes du transhumanisme, sur fond d'Intelligence artificielle s'émancipant de ses créateurs et se sentant une mission divine pour accompagner notre espèce - la perspective d'une fusion entre la religion et la technologie avait déjà été au cœur du roman de Clifford Simak Projet Vatican XVII (Project Pope). Les Tombeaux du Temps menacent de s'ouvrir et de livrer passage aux envahisseurs, gardés par un gigantesque automate meurtrier démembrant ceux qui s'aventurent dans les parages, le Gritche, dont une reproduction de 2 mètres 43 est placée devant la résidence secondaire de l'écrivain dans Les Rocheuses. Même s'il est bien écrit, le cycle des Cantos d'Hyperion paraît parfois interminable, à l'instar de ses homologues, bien que le public prise à présent ce format loin des nouvelles dans lesquelles excellaient les prédécesseurs. Cette œuvre ne comporte pas véritablement de créatures, à l'exception du Cruciforme sommairement décrit, une création génétique par un mouvement religieux qui, fixé sur la poitrine, permet de rendre plusieurs fois la vie à un défunt.

La sculpture de l'impitoyable Gritche grandeur nature qui garde le domicile secondaire de Dan Simmons.

        Dan Simmons a aussi œuvré dans le genre du Fantastique, avec une trilogie débutée par Nuit d'été (Summer of Night) qui narre le déferlement dans une petite ville de puissances maléfiques prenant naissance au sein d'une école - ce qui n'est pas sans analogie avec le lycée de Sunnydale dans la série Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer) de Joss Whedon. Parmi les êtres maléfiques surgissent des vers géants présentant quelque similitude avec la créature surnaturelle apparaissant dans la cave d'Aux portes de l'au-delà (From Beyond) comme évoqué en ces pages dans l'hommage au réalisateur Stuart Gordon en août 2020.

Un ver-lamproie de Nuit d'été (Simmer of Night) représenté par Wayne Barlowe.

            On renvoie le lecteur pour un compte-rendu détaillé de l'oeuvre de Dan Simmons à cette page : http://5livres.fr/dan-simmons/


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mercredi 31 décembre 2025

PRESSE ET FAUSSE SCIENCE RACCOLEUSE

 QUAND L'HISTOIRE NATURELLE SE PIQUE DE FANTAISIE, 4ème partie


Dessin représentant un petit crieur de journaux montrant en 1835 un exemplaire du quotidien The Sun dont la Une spectaculaire affiche un curieux personnage, non pas un démon représenté par Hieronymus Bosch à la Renaissance, mais un être censé vivre sur notre satellite naturel.

        Pendant une longue période de l’Histoire, on s’est fort peu préoccupé de la vie sur d’autres planètes, d’abord parce que les récits très enjolivés de voyages dans les terres lointaines et sur les océans suffisaient à alimenter l’imaginaire en créatures étranges auxquelles le célèbre chirurgien Ambroise Paré accordait encore foi, et aussi par la suite parce que la religion chrétienne postulait que le Créateur n’avait conçu qu’une seule planète au bénéfice des êtres humains et l’Inquisition jugeait hérétiques ceux qui s’aventuraient à envisager qu’il pût exister d’autres mondes en raison du silence de la Bible sur le sujet, même dans la perspective de rendre grâce aux pouvoirs infinis de Dieu comme l’infortuné Gordiano Bruno qui paya de sa vie l’intransigeance de l’Église de l’époque.


Dessin d'un télescope géant de l'astronome William Herschel, père de John Herschel.

       Des cousins sur la Lune ?

        Lorsque la Terre commença à être cartographiée de manière plus complète avec l’adjonction du Nouveau Monde réduisant significativement la part d’Inconnu et qu’une vision plus rigoureuse se répandit dans le domaine des connaissances, des philosophes et des astronomes se mirent à envisager théoriquement une pluralité des mondes. Cependant, bien peu s’interrogeaient réellement sur l’aspect que pourraient revêtir ces créatures susceptibles de vivre sur d’autres planètes et la fiction abordait la question essentiellement sous l’angle de l’humour, des Aventures du Baron Munchhausen au conte satirique Micromégas de Voltaire et autres facéties de Cyrano de Bergerac sur les Sélénites. Les habitants supposés de la Lune étaient vus comme plus ou moins humains et il faudra pratiquement attendre le début du XXème siècle pour que des écrivains de science-fiction commencent à répandre la conception d’extraterrestres différant réellement des espèces s’étant développées sur notre planète en faisant enfin preuve d’imagination.

        Aussi, au XIXème siècle, les esprits étaient prompts à envisager la possibilité que des êtres plus ou moins semblables aux hommes puissent exister à la surface de notre satellite. En 1824, l'astronome munichois Franz von Paula Gruithisen publia "Découverte des nombreuses traces des habitants de la Lune, spécialement d'un de leurs monuments colossaux", détaillant notamment une supposée forteresse sélénite. Carl Frederich Gauss, célèbre mathématicien allemand et également directeur de l'observatoire de Göttingen, envisageait très sérieusement de disposer une centaine de miroirs de manière à correspondre avec les Lunaires.

        Lorsque le directeur d’un nouveau journal lancé à New-York, The Sun, se mit en quête d’articles susceptibles de faire sensation, un de ses collaborateurs proposa une série faisant écho à ces préoccupations. Du 26 au 31 août 1835, le quotidien publia les épisodes sous le titre « Découvertes dans la Lune, faîtes au Cap de Bonne-Espérance, par Herschell fils, astronome anglais », profitant de l’absence de l’intéressé qui se trouvait effectivement en Afrique australe durant cette période. L’article initial publié le 25 août annonçait que le savant avait perfectionné son télescope, permettant une vision plus nette pour observer le sol lunaire avec beaucoup plus de précision. Et en effet, dans les jours qui suivirent, le lecteur put lire que notre satellite abritait des lacs, était couvert de végétation et d’arbres et que des animaux comparables à ceux de la Terre y paissaient, de petites licornes et des bisons. Le 28 août, un équivalent de notre espèce fit son apparition, des hommes à ailes de chauve-souris dénommés Vespertilio homo, profitant de la moindre gravité de la Lune pour évoluer dans les airs et chasser les bisons avec leurs arcs. En dépit du scepticisme de certains lecteurs, les articles furent repris par d’autres journaux et traduits en plusieurs langues. D’aucuns envisagèrent même de financer une expédition vers l’astre pour étudier ses habitants et leur apporter la Bible.


Paysage lunaire tel que la presse et de prétendus astronomes l'ont décrit.


Représentation du peuplement supposé de notre satellite avec ses hommes volants, licornes, bisons unicornes ainsi que deux animaux encore plus semblables à des espèces terrestres. 


Retranscription détaillée de l'équivalent lunaire du genre humain.

        L’auteur de ce récit s’avéra être le journaliste Richard Adams Locke, qui souhaitait au travers de cette fiction se moquer des déclarations fantasques d’astronomes réputés sérieux comme les précités. Par la suite, la description de canaux sur Mars occasionnera aussi bien des spéculations avant que ceux-là ne soient imputés à de mauvaises conditions d’observation. En 1901, l’inventeur Nikola Tesla annonça à la presse avoir détecté deux ans plus tôt de possibles signaux provenant d’une autre planète ; la presse à sensation répercuta l’information en avançant qu’ils étaient émis depuis la planète Mars. Lui-même avait entrepris la construction d’une machine permettant l’envoi d’un message de la Terre à la Planète rouge. Cela a visiblement inspiré à l’humoriste Tristan Bernard une petite fable en 1920, Qu’est-ce qu’ils peuvent bien nous dire ?, qui suppose que les Martiens comprennent le français, mais l’échange tourne court lorsque les habitants de la Planète rouge répondent que c’est à ceux de Saturne qu’ils parlent.

               L'existence des fées et lutins reconnue par la science ?

        La perspective d’être humains ailés est revenue de manière encore plus étonnante si c’était possible par la supercherie de deux jeunes cousines Elsie Wright et Frances Griffiths ayant truqué à partir de 1917 des photographies pour faire accroire l'existence de fées à Cottingley dans le Yorkshire. Ce qui aurait pu n’être perçu que comme une manipulation enfantine a alimenté les discussions dans la presse. Si certains journaux exprimèrent sans réserve leur scepticisme comme le journal australien Truth dans son édition du 5 janvier 1921 qui n’y décela qu’une fantaisie d’enfant et l’écrivain Maurice Hewlett dans une série d’articles pour la revue littéraire John O’London Weekly, Conan Doyle, médecin et écrivain réputé pour sa création du personnage de détective à la logique imparable, Sherlock Holmes, à qui le magazine The Strand avait commandé un article pour son numéro de décembre 1920, s’enthousiasma pour ces preuves de la révélation de ces êtres extraordinaires, livrant un second texte à la même tonalité pour le périodique en mars 1921 avant de consacrer un ouvrage entier au sujet l’année suivante en y développant sa vision, The Coming of the Fairies.


Les photos des deux fillettes en compagnie de leurs amis imaginaires.


Le numéro de Noël du magazine populaire The Strand promet son quota de merveilleux, avec en chapeau l'annonce de fées photographiées, "un événement historique décrit par Arthur Conan Doyle".

        L’écrivain britannique s’y montre convaincu que les êtres figurés sur les photographies ont une réalité matérielle que les fillettes sont parvenues exceptionnellement à capter. Bien que passionné par le spiritisme suite à la disparition de proches, son fils ainsi que son frère cadet, à l’instar de Victor Hugo dont la fille et le gendre s’étaient noyés, Doyle les envisage moins comme des entités surnaturelles ou des projections médiumniques sous forme d’ectoplasme dans l’esprit de l’époque, que comme évoluant dans un univers physique un peu différent coexistant à côté du nôtre, dans une séquence vibratoire différente qui se soustrait la plupart du temps à nos sens – une hypothèse théorique évoquée dans la nouvelle de Rosny aîné Le monde des variants ainsi que dans celle d’Howard Phillips Lovecraft From Beyond, adaptée au cinéma sous le même titre (en version française, Aux portes de l’au-delà) par Stuart Gordon comme évoqué dans l’hommage consacré à ce dernier. Il considère que les elfes, voire les gnomes, représentent une sorte de chaînon manquant entre le papillon et l’homme dans une conception surréaliste du darwinisme qui évoque plutôt les écrits les plus fantaisistes du début du Moyen Âge parfois empreints d’alchimie, et se montre convaincu que la science va trouver des procédés techniques permettant d’en faire de vrais sujets d’études pour l’Histoire naturelle. Il explique l’absence d’ombre par leur constitution très éthérée qui renvoie peu de luminosité. Il ajoute qu’il se représente mal comment des enfants auraient les compétences pratiques requises pour truquer des photographies et réfute comme le théosophe Edward Gardner toutes les autres explications déniant la réalité de ces petits personnages qu’on dit avoir été observés en différents lieux jusqu’en Islande, alimentant les légendes comme celle du Petit Peuple que l’écrivain Arthur Machen convoque dans ses nouvelles d’inspiration celtique.


Montage montrant le célèbre auteur britannique entouré des photos des fées.


L'écrivain s'est montré si convaincu par les images présentées par les fillettes des fées qu'il n'a pas hésité à mettre à leur service sa notoriété en leur consacrant un ouvrage entier, "La venue des fées".

        Dans les années 1980, les deux cousines avouent finalement avoir truqué les photos, s’étonnant de la crédulité de beaucoup et précisent qu’elles s’étaient promises de garder le secret jusqu’à la disparition de Sir Arthur Conan Doyle afin de ne pas nuire à la réputation d’un homme aussi éminent. Il est d’ailleurs plaisant que les silhouettes découpées proviennent d'un livre pour enfants, Princess Mary's Gift Book, une anthologie de Claude Arthur Shepperson, dans lequel figurait une histoire de Conan Doyle lui-même, lequel aurait ainsi pu en feuilletant l’ouvrage remonter à la source de la mystification. Les cousines maintiennent cependant avoir réellement observé les fées et Frances Griffiths prétend qu’une des photos, connue comme la cinquième, est quant à elle bien authentique. En 1990, Joe Cooper a sortit un ouvrage d’enquête sur le sujet, The case of the Cottingley fairies, interrogeant les témoins toujours vivants et il en a déduit que l’affaire était effectivement un canular, sans occulter la persistance de quelques points obscurs, incluant la nature de la cinquième fameuse photo. On s’accorde à considérer que Conan Doyle s’est en cette affaire largement écarté de la rigueur attendue du médecin ainsi que du froid rationalisme analytique de son personnage iconique de détective, en se laissant séduire par l’attrait pour le Merveilleux. En 1997, deux films ont été produits sur le sujet, Le mystère des fées : une histoire vraie (Fairy Tale : A True Story) de Charles Sturridge à qui on doit aussi l’adaptation la plus complète des Voyages de Gulliver (Gulliver’s Travels) et Forever de Nick Willing qui s’en inspire plus indirectement.


Une exposition consacrée à l'imposture des fées à l'université britannique d'Huddersfield.


En complément, des pièces montrant des fossiles de fée ont même été présentées.

         L'attaque des pieuvres 

        Les épisodes des habitants de la Lune et des Fées de Cottingley n’ont pas pour autant amené la presse à renoncer à présenter comme réelles des fictions, jouant par la suite de l’inquiétude qui pouvait émaner d’êtres extraordinaires. Dans une nouvelle, The Raiders of the Seas, le célèbre écrivain britannique Herbert George Wells féru d’Histoire naturelle qui avait suivi les cours de Thomas Huxley, disciple de Darwin, imagine que des pieuvres de grande taille s’aventurent provisoirement hors de la mer et s’emparent de baigneuses pour les dévorer. Le récit, comme l’a révélé le cryptozoologue Michel Raynal, a par la suite donné lieu à une reprise dans le numéro du 16 décembre 1899 de Yachting Gazettele présentant comme authentique, il fut encore considéré comme tel par le navigateur Alain Grée dans le numéro de mars 1978 de Voiles et voiliers puis par Dominique Chartrain et le cryptozoologue Jean-Jacques Barloy dans le mensuel Océans d’octobre 1979. L’auteur de l’article initial dans Yachting Gazette n’avait pas occulté le récit de Wells mais par un audacieux retournement présentait celui-là comme ayant inspiré la fiction de l’écrivain britannique, et ce dernier avait lui-même initialement mêlé fiction et réalité dans son texte puisqu’il associait dans le corps de son histoire un épisode véritable relatant la récolte le 18 juillet 1895 au large des Açores par l'expédition océanographique du Prince Albert 1er de Monaco de spécimens de  céphalopodes géants régurgités dans son agonie par un malheureux cachalot qui avait été harponné par une équipe de baleiniers portugais.


Une illustration accompagnant la nouvelle d'Herbert George Wells Les pirates de la mer (The Sea Raiders) montrant l'invasion de la grève par des pieuvres conquérantes - figurées avec une bouche qui s'apparente plus à celle d'un poisson, fiction promise à l'époque à une certaine postérité.

        Depuis le Kraken mythique, la peur irraisonnée que suscitent les céphalopodes géants n’a pas cessé d’alimenter les imaginations ; en 2016, le sculpteur Joseph Reginella a érigé au Sud de l’Île de Manhattan un monument en hommage aux passagers d’un paquebot, victimes imaginaires de l’attaque d’une pieuvre colossale, en plus d’un site internet, de faux articles dans la presse, et de la présence prétendue dans le centre culturel du port de fragments d’épaves portant des marques de ventouses géantes, l’ignorance de la tragédie alléguée étant justifiée par l’assassinat du Président John F. Kennedy le même jour. Par ailleurs, l’écrivain Lyle Zapato a propagé en 1998 sur internet la fausse rumeur d’une pieuvre amphibie nommée Octopus paxarbolis (littéralement la pieuvre des arbres du Pacifique) capable de coloniser les rivières et même susceptible d’être aperçue dans les frondaisons de l’Olympic National Forest de l’État de Washington, en attirant l’attention sur le risque d’extinction pour cette espèce particulière dont raffolerait le légendaire Bigfoot, le site trompant la majorité des élèves des écoles auxquels on propose de tester sa crédibilité – par la suite, le paléontologue Dougal Dixon a imaginé dans le cadre d’un avenir potentiel dont les humains auraient disparu pour la série spéculative en images de synthèse Sauvage sera le futur (The Future is wild) de 2002 une pieuvre arboricole, le squibbon.


La sculpture commémorant une fausse catastrophe occasionnée par une pieuvre gigantesque, avec en dessous son auteur, l'artiste Joseph Reginella.

Cette pieuvre perchée dans un arbre n'a pas plus d'existence que la précédente, il s'agit d'un "Squibbon" (contraction des mots anglais calmar ("squid") et gibbon), un animal futuriste imaginaire dérivé des Céphalopodes et affranchi du milieu océanique, sculpté d'après la description qu'en donne le paléontologue Dougal Dixon dans son projet "Sauvage sera le futur" (The Future is Wild), et présenté dans le "Dinopark" de Münchehagen en Allemagne.

        D’autres êtres à allure de céphalopodes inventés par l’écrivain anglais, ses Martiens de La Guerre des mondes (The War of the Worlds), donnèrent lieu à un feuilleton radiophonique par son homonyme Orson Welles, qui aurait suscité quelque inquiétude parmi les auditeurs prenant l’émission en cours qui crurent assister à un reportage en direct en dépit de la présentation régulière du programme avant chaque diffusion de l’émission, même s’il semble que la panique ait été exagérée rétrospectivement, peut-être même par l’intéressé qui cherchait à se faire connaître.


La réédition récente de la célèbre série radiophonique d'Orson Welles La guerre des mondes diffusée le 30 octobre 1938.


Journal de l'époque blâmant l'adaptation radiophonique qui a "répandu la terreur à travers les Etats-Unis", une exagération que certains attribuent à la rancune du monde de la presse, concurrencée par le média émergent ; en haut, photo d'une "victime de La Guerre" qui dans sa panique s'est cassé le bras ; à droite, Orson Welles affichant sa repentance pour avoir créé un phénomène de masse qui l'a dépassé.

        Des plantes tout aussi inquiétantes 

       De la même manière que les pieuvres aventureuses de Wells, parut en 1874 dans le New-York Times un article d’Edmund Spencer relatant une lettre d’un prétendu explorateur allemand qui dépeignait une plante carnivore géante à laquelle des Malgaches offraient des vierges, enserrant les victimes dans ses longues feuilles mobiles. Le récit eut l’honneur de la couverture du numéro 61 du Journal des voyages en 1878 et fut repris dans nombre d’autres journaux. En 1924, le gouverneur du Michigan Chase Osborn fit paraître un ouvrage sur le sujet, Madagascar, Land of the Man-eating Tree, consacré aux légendes de l’Île, assurant que les indigènes comme les missionnaires connaissaient bien cette histoire, tout en précisant qu’il ne pouvait lui-même déduire si cet arbre effroyable existait réellement ou bien s’il ne ressortissait que d’un mythe. En 1955, le zoologiste Willy Ley établit dans son essai Salamanders and Other Wonders que le terrifiant végétal n’existait pas davantage que la tribu des Mkodo à laquelle était attribué ce rite sacrificiel.


Une illustration de la presse figurant le rite qu'accomplit une tribu subsaharienne auprès d'un végétal carnivore géant au feuillage d'allure tentaculaire.


Des explorateurs doivent défendre leur vie contre des lianes prédatrices dans cette illustration spectaculaire paru en septembre 1899 dans le magazine The Strand, avant l'histoire des "fées de Conan Doyle", une publication ne rechignant visiblement pas à participer par des procédés discutables au "réenchantement du monde" dans une société ayant perdu le sentiment religieux comme théorisé par le sociologue Max Weber.

        Ce ne fut pas le seul exemple de plante anthropophage inventée à laquelle la presse conféra une aura de réalité. En 1889, un journal publia un article se référant à « un naturaliste bien connu de la Nouvelle-Orléans » du nom de Duncan qui narrait avoir trouvé, alors qu’il collectait des spécimens de plantes et d’insectes dans un marais d’Amérique centrale, son chien agonisant enserré dans un étroit réseau fin comme de la corde de fibres et de racines. Les indigènes qu’il employait lui indiquèrent que cette espèce de vigne était appelée « le piège du Diable ». Il s’en tint à l’écart par crainte que le végétal ne lui arrachât la peau et même les chairs, mais releva qu’il était doté d’un nombre infini de minuscules ouvertures ou ventouses capables de sucer le sang de sa proie avant de relâcher la carcasse exsangue. Une version plus courte de l’histoire reparut en septembre 1891 dans Lucifer, le journal de la mystique Helena Blavatsky, traitant de sujets religieux, philosophiques et scientifiques, avant que l’éditeur de Review of the Reviews, William Thomas Stead n’y fasse paraître un court article en octobre 1891 mettant fortement en doute ce récit.

        Enfin, la chaîne britannique Panorama monta pour le 1er avril 1957 un reportage de trois minutes sur une famille suisse effectuant une récolte auprès d’un "arbre à spaghettis" et un certain nombre de spectateurs s’enquirent auprès de la respectable BBC concurrente de la manière dont ils pourraient à leur tour faire pousser des arbres à spaghettis, à une époque où cet aliment était encore peu connu Outre-Manche.

        On voit donc comment, bien avant les "fausses informations" dispensées sur internet, des journaux n’ont pas hésité à diffuser des faits inventés en rapport avec l’Histoire naturelle, même si ces affabulations ne paraissaient pas toujours complètement farfelues aux lecteurs de l’époque. Il existe bien dans l'Océan Pacifique des pieuvres géantes, inoffensives pour le plongeur (Enteroctopus dofleini), et par ailleurs, diverses espèces animales prédatrices s’attaquent au moins occasionnellement à l’homme ; quant aux plantes anthropophages censées exister au sein de la flore tropicale luxuriante, elles n’étaient finalement que l’extrapolation à plus grande échelle de véritables végétaux qui piègent insectes et d'autres petits animaux tels que des mammifères, désignées collectivement sous le nom de plantes carnivores, la possibilité théorique que certaines encore inconnues des Occidentaux soient en mesure de s’emparer de plus grandes proies incluant l’espèce humaine étant combinée avec l’évocation de rites cruels qui existèrent dans nombre de tribus et civilisations. Il est vrai que ces canulars de presse destinés à éveiller l’imagination des lecteurs n’émanaient pas directement de savants, mais il existe néanmoins quelque lien puisqu’on les associait à de supposés naturalistes dans les cas des végétaux anthropophages, l’histoire de l’arbre malgache étant même reprise dans une revue semi-scientifique, on en créditait un astronome réel dans le cas des hommes lunaires volants, l’intéressé s’amusant de cette fantaisie et la relativisant plutôt que de s’en offusquer par un véhément démenti avant de tardivement publier un communiqué qui passa plutôt inaperçu, quant aux fées, elles ont reçu l’onction du médecin Conan Doyle, et l’ornithologue professionnel Jean-Jacques Barloy a accordé foi aux attaques de poulpes, sur la base des articles les relatant sans suspecter leur caractère factice. Dans la prochaine partie de cette série d’articles consacrée à la fantaisie dans l’Histoire naturelle, on portera notre attention sur les espèces animales relevant d’une zoologie fantasmagorique.


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        Mentionnons quelques décès en cette fin d'année. L'Américain Bob Burns, disparu le 12 décembre 2025 à l'âge de 90 ans, était connu à la fois des professionnels comme interprète récurrent de programmes télévisés sous son costume de gorille, et à l'instar de feu Forrest J. Ackerman, en tant que très ancien collectionneur d'accessoires de films fantastiques et de science-fiction qu'il accumulait dans sa cave. Il avait fait paraître un ouvrage "It came from Bob Basement !" qui en présentait les plus célèbres articles comme l'armature du modèle miniature de King Kong et les têtes des monstres conçues pour la série de film Alien. Malheureusement, et en dépit de demandes répétées de l'auteur de ce site, il n'a jamais diffusé d'images se rapportant aux premiers concepts du monstre de La Chose d'un autre monde (The Thing from Another World) de 1951, ni des différents prototypes des créatures indigènes du monde extraterrestres d'Enemy Mine, le maquilleur Chris Walas lui ayant fait don de toutes les maquettes conceptuelles de son atelier parmi lesquelles également celles de La Mouche (The Fly) et La Mouche 2 (The Fly 2). C'est d'ailleurs avec lui qu'il commentait ce dernier film, que le créateur d'effets spéciaux avait réalisé, les deux hommes livrant sur le DVD un vibrant plaidoyer en faveur des films de monstres qui s'appuyaient sur des effets spéciaux concrets pour donner vie aux créatures et susciter l'émotion, un point de vue avec lequel on ne saurait être plus d'accord et dont sont aussi convaincus, espérons le, une très grande majorité des lecteurs.


Bob Burns, à droite, et le créateur de monstres à petit budget Paul Blaisdell dont il a été l'assistant, entourant le Vénusien conquérant du film de 1956 It conquered the World réalisé par Roger Corman - auquel un long hommage fut consacré ici et juin et juillet 2024.


Bob Burns s'amuse à prendre une mine effrayée avec un complice grimé en La Chose d'un autre monde.



Dessin conceptuel pour un monstre tentaculaire, dénommé Goombah, et son installation sur le toit du domicile de Bob en 1970.

Avec le maquilleur Rick Baker dont il était également l'ami, Bob Burns s'ingéniait à célébrer avec faste la fête d'Halloween, n'hésitant pas en 1976 à décorer sa maison de manière monumentale en recréant par exemple l'arrivée des Martiens de La Guerre des mondes (War of the Worlds) dont la tête fut sculptée par Tom Sherman.


Bob Burns fier de montrer des armatures miniatures de gorilles qu'admirent l'autre célèbre collectionneur, et créateur de la revue "Famous Monsters", Forrest J. Ackerman (à gauche sur la photo) et le brillant animateur Ray Harryhausen.     

        Décédé le 16 décembre 2025, l'acteur américain Gil Gerard était notamment connu pour avoir incarné le personnage de Buck Rogers dans la série télévisée éponyme, un homme du XXème siècle amené à vivre dans le futur. La série ne comportait pas de créatures, à part une curieuse résurgence d'un vampire à allure de hideux Nosferatu, et quelques tentacules d'une créature mystérieuse enfouie dans les sables d'une planète hostile.

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        Le monde entier a appris quelques mois après la disparition de Jane Goodall évoquée ici celle le 28 décembre 2025 celle d'une autre grande amie des animaux, Brigitte Bardot qui avait abandonné sa carrière d'actrice qui l'avait rendue célèbre pour se consacrer à leur défense depuis 50 ans, notamment au travers de sa Fondation. Des esprits chagrins n'avaient pas toujours apprécié son franc parler mais, comme dans la parabole de l'imbécile qui regarde le doigt plutôt que la Lune, comment ne pas partager son indignation véhémente face par exemple à la pêche au requin utilisant des chiens comme appâts vivants à la Réunion, pourtant territoire français ? Son ami Paul Watson, grand défenseur des cétacés, a même été récemment hué à la Fête de l'Humanité par des individus sectaires dont la compassion pour le monde animal passe au second plan. La chasse à courre, la corrida, les abattages sans étourdissement ne peuvent pourtant que peiner et même choquer tous ceux qui sont conscients que les êtres vivants sont doués de sensibilité, et on ne saurait s'en détourner puisqu'on célèbre ici les créatures sous toutes leurs formes jusque dans leurs recréations et représentations imaginaires. Loin des controverses posthumes soulevées sans même le délai de décence, Brigitte Bardot ne souhaitait pas d'hommage national mais qu'on prolonge sa cause, notamment en contribuant au sauvetage d'animaux maltraités par des dons à sa fondation. Qu'elle soit entendue des lecteurs.


La fameuse photo de Brigitte Bardot tenant tendrement un phoque nouveau-né pour alerter contre leur horrible massacre destiné à fournir leur fourrure à l'industrie de la mode, un moment qui inaugure son nouvel engagement de toute une vie.

Lien de la Fondation Brigitte Bardot pour aider les animaux : 

http://www.fondationbrigittebardot.fr/

ATTENTION, ALERTE ! On rapporte que des escrocs adressent des messages pour solliciter de l'argent au nom de Brigitte Bardot. Ne faîtes des dons que sur le site officiel de la Fondation.

PS : n'oubliez pas de cliquer tous les jours sur les différents liens de ces deux sites pour aider d'autres animaux dans le besoin :

http://www.animalwebaction.com/fr/

http://greatergood.com/


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