Le concepteur de créatures et animateur Lyle Conway fier de poser avec une tête mécanisée du végétal glouton au centre de la comédie musicale La petite boutique des horreurs (The Little Shop of Horrors) en 1985.
Le
concepteur visuel, sculpteur et marionnettiste Lyle Conway est décédé
ce 4 mars 2026. Il était aussi peu connu du grand public qu’il
était très estimé de la profession, même s’il ne travaillait
plus pour le cinéma depuis des décennies. Il était plus
particulièrement admiré comme un marionnettiste de génie.
A la poursuite des passions de l'enfance
Lyle
a grandi dans la banlieue Sud Ouest de Chicago. Il manifesta
enfant son intérêt pour l’univers de la Fantaisie, à travers
notamment la série télévisée à base de marionnettes du début
des années 1950, Kukla, Frand and Ollie, dont il reproduisit
les personnages à partir de matériaux présents au domicile. Le
modèle miniature de gorille animé en 1933 par Willis O’Brien pour le film
King Kong lui fit prendre conscience des possibilités
qu’offrait le cinéma pour créer des mondes imaginaires. L’artiste
confia à ce propos qu’il avait toujours souhaité faire de
l’animation image par image, mais l’occasion ne se présenta pas
– quoiqu’il y eut quelques séquences en relevant dans des films
auxquels il apporta sa contribution, La Petite boutique des
horreurs (The Little Shop of Horrors) et The Blob.
Après
avoir suivi une formation dans une école d’art et avoir présenté
ses travaux dans des galeries d’art qui lui valurent de nombreux
prix de l’Institut d’Art de Chicago, Lyle Conway gagna sa vie
durant quatre années comme travailleur social. Il fut ensuite
employé comme concepteur visuel pour une compagnie de jouets et eut
par ailleurs l’occasion de réaliser des prothèses à Broadway pour
un personnage de la pièce Warp de Stuart Gordon (futur
réalisateur de Reanimator et d’Aux portes de l’au-delà
auquel fut consacré ici un long hommage en août 2020). Il décida finalement de prendre l'avion pour Hollywood dans l'espoir d'intégrer le domaine des effets spéciaux
et il fut engagé séance tenante par le célèbre Gene Warren – connu
notamment pour les séquences d’attaque des soucoupes volantes dans
La Guerre des mondes (War of the Worlds) produite par
George Pal. Sa compagnie Excelsior Studio lui confia la sculpture de
centaines de lettres gonflant et brunissant pour une publicité de la
société agro-alimentaire Pillsbury, une tâche fastidieuse, mais
qui lui permit de débuter dans le domaine. Il sculpta
ensuite les créatures extraterrestres humanoïdes de la
petite production de Charles Band Le jour de la fin des temps (The Day the Time ended) destinées à être animées par Jim Danforth et David Allen – la
carrière de ce dernier a été récapitulée ici en novembre 2023 à l’occasion du
dossier sur l’épopée de son projet The Primevals. L’artiste confia à ce sujet qu’il avait toujours souhaité faire de l’animation image par image, mais l’occasion ne se présenta pas – quoiqu’il y eut quelques séquences en relevant dans des films auxquels il apporta sa contribution, La Petite boutique des horreurs (The Little Shop of Horrors) et The Blob. Il avait conçu un modèle miniature de Martien à quatre bras au début des années dans la perspective déçue d'adaptation à l'écran de l'épopée de John Carter imaginée par Edgard Rice Burroughs.
Lyle Conway (au fond à droite) fait admirer ses modèles en glaise de monstres extraterrestres du Jour de la fin des temps (The Day the Time ended).


Les modèles achevés sculptés par Lyle Conway, celui du petit extraterrestre humanoïde à tête conique et les deux êtres d'allure reptilienne, la plus massive étant ici présentée dans une posture quadrupède.
Lyle Conway fignolant sa marionnette miniature représentant un Martien vert à quatre bras, un Thark, pour un projet d'adaptation du livre John Carter sur Mars d'Edgar Rice Burroughs à la fin des années 1970.
Il
appela Dick Smith afin de postuler pour intégrer l’équipe chargée
des effets spéciaux de maquillage du film Au-delà du réel
(Altered States) de
Ken Russell, lequel lui répondit qu’elle était à présent au
complet et lui conseilla de contacter Jim Henson. Il prit l’avion
pour New-York et celui-ci le recruta pour une collaboration qui se
poursuivit sur un long terme. Il commença par sculpter des
marionnettes pour The Muppet
Show, en particulier le personnage de Miss Piggy la
Cochonne pour la cinquième saison du spectacle télévisé en 1980
et pour son adaptation cinématographique The Great Muppet Caper
en 1981. Il fut aussi engagé par le plus célèbre animateur image
par image, Ray Harryhausen, qu’il avait rencontré sur Sinbad et
l’œil du tigre (Sinbad and the Eye of the Tiger), pour
sculpter un buste détaillé du monstre marin dénommé Kraken, de
manière à pouvoir obtenir un rendu précis et qui demeurera la plus
grande création à laquelle l’animateur a donné vie.
Le buste du Kaken du Choc des Titans (Clash of the Titans).
Une recrue de Jim Henson
Lyle
Conway retrouva Jim Henson pour l’incroyable projet Dark Crystal
(The Dark Crystal), un prodigieux conte. Durant plusieurs mois de préproduction
à New-York, il fit partie de l’équipe chargée de transformer les
concepts visuels du dessinateur Brian Froud en prototypes, à
l’exception des Skeksés dont l’artiste avait déjà fixé les
traits en trois dimensions avec sa maquette. Pour les autres
personnages, les sculpteurs étaient encouragés à ajouter des
détails, et ils s’attachaient à s’éloigner le plus possible de
l’allure des Muppets. Lyle Conway rallia le nouveau site de la
société à Londres et il consacra trois ans de labeur intensif au
film qui mobilisait 60 personnes, avec la division des animatroniques
dirigée par Sherry Amott et le département du travail du latex
supervisé par Tom McLaughlin qui employa 4 tonnes de ce matériau,
et sous la direction duquel œuvra Lyle Conway comme sculpteur.
Celui-ci veillait lors du remplacement de la glaise dans le moule par
du latex à ce que cette couche ne soit ni trop fine ni trop épaisse
afin de permettre aux mécanismes sous-jacents de fonctionner, faute de quoi il fallait recommencer le processus.
Avec
Frank Oz, co-responsable du film et marionnettiste qui animera aussi
Yoda sur L’Empire contre-attaque (The Empire strikes back),
il développa l’animation radio contrôlée ainsi que par câbles.
Il fut particulièrement responsable de la création du personnage
d’Aughra sur lequel le créateur de l’univers de Dark Crystal
Brian Froud n’avait pas le temps de travailler, ainsi que du Grand
Chambellan, le chef des Skeksès. Avec ses trois collaborateurs
immédiats, Ted Krzanowski, David Barclay et Gagam Gravin, Lyle
Conway eut la tâche de créer pas moins de 27 personnages en neuf
mois. Cet emploi du temps très intense l’amena à trois reprises à
se sentir vidé de toute force, avant de se reprendre rapidement à
chaque fois, retrouvant sa motivation en jouant avec un mécanisme.
Lyle Conway façonna dans la glaise la face du personnage d'Aughra dans Dark Crystal, préalablement au moulage, puis le personnage prêt à tourner, en dessous, avec Lyle Conway, à gauche, apportant la dernière retouche
Le sculpteur affinant les traits des modèles en glaise de deux Skeksès de Dark Crystal, l'effrayant Grand chambellan et le Skeksès gourmand en dessous.
Outre Aughra et des Skeksès, Lyle Conway se chargea aussi de créer les Urseks, les grands humanoïdes de l'épilogue qui résultent de la fusion entre UrRus et Skeksès après avoir été jadis séparés en deux fractions antagonistes, respectivement l'une contemplative et l'autre cruelle. On reconait le scumpteur à la gauche de Jim Henson.
Gros plan sur l'Ursek qui parle avec le héros du film, Jen le Gelfling, à la fin de l'histoire, lui révélant le passé chaotique de sa race qu'il a résolu en reconstituant l'intégrité du cristal lors de la Grande Conjonction astronomique. Dans la version d'origine, c'est Lyle Conway qui lui prête sa voix.
Durant
son travail sur Dark Crystal, Lyle Conway eut l’opportunité
de rencontrer le marionnettiste Burr Tillstrom, créateur de la série
Kukla, Frand and Ollie qu’il
chérissait et son ravissement fut total lorsque l’idole de son
enfance lui demanda de recréer le personnage d’Ollie. On peut
d’ailleurs relever que ceux qui s’appliquent avec tant de
perfectionnisme à porter l’univers du Merveilleux au cinéma ne
rompent jamais avec l’imaginaire enfantin, de la même façon, Jim
Henson a consacré la majeure partie de son temps à donner vie à
des séries télévisées pour le jeune public telles que le Muppet
Show, 1 rue Sésame
(Sesame Street),
Fraggle Rock, ou
encore Dinosaures
(Dinosaurs) et Ray
Harryhausen quitta provisoirement sa retraite pour superviser la
recréation image par image par deux grands admirateurs de sa fable
alors inachevée inspirée de Jean de la Fontaine Le lièvre
et la tortue.
Il faisait parler les oiseaux et les plantes
Producteur
de Dark Crystal, Gary Kurtz employa Lyle Conway sur Oz, un
monde extraordinaire (Return to Oz) produit par la
compagnie Disney. Il supervisa la conception des créatures,
notamment Jack tête de citrouille et la poule parlante Billina, son
personnage préféré. Différentes versions furent créées et pas
moins de cent articulations rien que pour la tête furent conçues.
Il aussi élaboré le personnage de Tik Tok, un cauchemar pour
l’interprète Michael Sundin, replié dans le corps de l’automate,
à l’envers avec sa tête entre les jambes et marchant à reculon
tandis qu’un moniteur télévisé lui renvoyait l’image à
l’envers du monde extérieur. On doit encore à Conway la
réalisation d’une curieuse monture, Gump, constituée d’un
canapé, de deux branches de palmier comme ailes et d’une tête
empaillée d’élan, auquel il prêta sa voix dans la version
originale, du personnage de Jack à tête de citrouille et de trois
figures réminiscentes du film précédent, Le magicien d’Oz
(The Wizard of Oz), l’Épouvantail, l’Homme de métal et
le Lion peureux qui sont la raison pour laquelle Dorothy revient au
Pays d’Oz.
Lyle Conway sur la tête de l'épouvantail d'Oz, un monde extraordinaire (Return to Oz).
La laborieuse élaboration de la poule Billina d'Oz, un monde extraordinaire, de l'armature mécanique jusqu'au rendu final, un animal plus vrai que nature emplissant de fierté son créateur.
Quand on voit la contorsion s'apparentant à de la torture de l'animateur chargé de faire mouvoir l'automate Tik Tok dans Oz, un monde extraordinaire, on peut se demander s'il a gardé de l'expérience un aussi bon souvenir que celui dont semble se prévaloir Lyle Conway (en dessous).
Lyle
Conway réintégra l’équipe de Jim Henson pour Dreamchild.
Une demi-douzaine de créatures furent conçues en quatorze semaines pour un budget
très réduit. « Le travail a représenté un quart de celui de Dark
Crystal, mais dans un délai dix fois plus court »
expliquait-il. Il veilla non seulement à respecter le caractère des
illustrations qu’avait livrées le dessinateur John Tenniel pour
les romans de Lewis Caroll, mais rendit même les personnages encore
plus réalistes au point qu’ils apparaissent inquiétants. Ainsi,
après s’être documenté, il s’inspira pour le Chapelier fou des
stigmates de l’empoisonnement au mercure dont pâtissaient les
représentants de la profession et pour le Lièvre de Mars, s’avisa
que cette saison correspondait à celle de la reproduction et
reproduisit donc la trace des blessures que les mâles rivaux peuvent
s’infliger à cette occasion. L’absence de fourrure du griffon
lui confère une forme de nudité plus troublante étant donné que
la morphologie du corps est celle d’un être humain. En 1986, Lyle
Conway créa un nouvel oiseau réaliste pour le téléfilm Red
Crow and The Ghost Ship.
Le visage marqué du Chapelier fou de Dreamchild, issu de l'imaginaire de Lewis Carroll
Un personnage disgracié et mélancolique, la "Fausse Tortue".
La chenille fumeuse de calumet est vraisemblablement la seule créature de Dreamchild qui soit plus comique que dérangeante.
Le
film qui consacra l’excellence de Lyle Conway dans toute la
profession fut son travail pour La Petite boutique des horreurs
(The Little Shop of Horrors) qui lui valut d’être proposé
aux Oscars dans la catégorie des effets spéciaux visuels. Pour sa
comédie musicale inspirée du petit film homonyme de Roger Corman et
plus encore de la comédie musicale théâtrale de Broadway qui en
était inspirée, Frank Oz fit appel à lui en souhaitant que la
plante carnivore devenue gigantesque, surnommée "Audrey
2" par le fleuriste
qui la cultive, bénéficie d’autant d’autonomie de mouvement que
possible. Le réalisateur désirait aussi qu’elle fut
essentiellement comique pour coller au ton de l’histoire, tandis
que Lyle Conway désirait la rendre aussi effrayante que possible ;
le créateur d’effets spéciaux convint d’un compromis entre les
deux approches.
Lyle Conway auprès de sa plante.
Différents
prototypes furent réalisés afin d’envisager les meilleures
possibilités d’obtenir les effets désirés. La plante et sa
gueule étaient animées par un marionnettiste tandis que les lèvres
étaient contrôlées par câbles dissimulés sous le plateau,
l’objectif étant de les synchroniser avec les paroles censées
être prononcées par ce végétal mutant capable de parler pour
réclamer qu’on le nourrisse, grâce notamment aux compétences
techniques de Mak Wilson. La difficulté d’animer avec suffisamment
de force des lianes très longues et fines fut résolue par
l’adjonction de petits disques en leur sein leur conférant plus de
maintien et traversés par les câbles. Quelque peu à la manière de
Michael Sundin dans Oz, un monde extraordinaire, Anthony
Asbury qui animait de l’intérieur la mâchoire d’Audrey II se
trouvait dans une position assez inconfortable. Richard Conway, un homonyme, effectua quant à lui un travail consistant pour concevoir nombre de maquettes miniatures de bâtiments pour montrer durant une dizaine de minutes la descendance de la plante envahir et ravager le monde après avoir tué le couple vedette, une fin qui s'avéra trop sombre et en contradiction avec le ton plus léger de l'œuvre pour être conservée après le retour négatif suite à des projections tests dans trois villes différentes.
Lyle Conway au fond, second à partir de la droite, supervise l'animation par les marionnettistes du colossal végétaux lors d'une scène d'interaction avec l'actrice principale.
Premières
désillusions
Lyle
Conway devait superviser le travail des différentes équipes sur le
remake de The Blob. Son travail ayant déçu, il dut quitter
le tournage, bientôt suivi du responsable des miniatures, Greg Jein.
La production avait en réalité modifié le planning de tournage des
effets spéciaux, escamotant la phase prévue de postproduction, et
on lui commandait parfois un trucage le matin pour l’après-midi,
alors que chaque type de scène requérait des effets spéciaux
spécifiques. Très méticuleux, Lyle Conway se sentait extrêmement
frustré de ne pouvoir procéder à des expérimentations et essais
avant le tournage, d’autant plus que le réalisateur Chuck Russell
ne venait pas superviser les plans.
Le sculpteur avait réalisé en caoutchouc la créature informe dénommée
Blob pour les plans dans lesquels celui-là demeurait à peu près
immobile. Pour les autres, il l’avait conçue comme un édredon,
une sorte de toile de soie remplie de poches pas plus grandes qu’un
ravioli, dans lesquelles on injectait une substance visqueuse
alimentaire, de la méthylcellulose qui traversait la soie et la
rendait invisible, un processus d’injection qui avait cependant
l’inconvénient de nécessiter beaucoup de temps. La composition du
méthylcellulose comportant beaucoup d’eau, il n’était pas aisé
pour les marionnettistes de déplacer de différentes manières cette
création pour donner l’impression d’une masse fluide étant
donné qu’elle pesait un certain poids et n’était pourvue
d’aucun dispositif mécanique, à l’exception de celui d’un
tentacule pour certains plans, puisqu'il avait finalement été opté pour des systèmes hydrauliques. De plus, elle laissait des traces
d’humidité, amenant à nettoyer le décor entre chaque prise.
La monstruosité informe au centre du remake de The Blob, initialement conçue par Lyle Conway.
La structure en "édredon" finalement agencée par Lyle Conway, utilisée après son départ - préparation de la scène dans les égouts à l'issue de laquelle un jeune garçon trouvera une mort effroyable, étant digéré vivant grâce aux maquillages de Tony Gardner.
Le
départ précipité de Lyle Conway amena le responsable des effets
spéciaux de maquillage Tony Gardner à se charger lui-même de la
scène dans laquelle le jeune étudiant sportif qui a emmené dans un
centre de soins la première victime de la créature se trouve être
sa proie suivante ; lorsque sa petite amie jouée par Shawnee
Smith le découvre, il est déjà englouti dans la masse gélatineuse
et en lui tendant les mains, elle ne peut retenir qu’un bras de
l’infortuné qui disparaît complètement dans le prédateur
glouton à l’issue de cette séquence particulièrement
horrifiante. C’est en revanche Lyle Conway qui s’était chargé
d’une autre scène spectaculaire et choquante dans laquelle un
employé qui tente de déboucher un évier est aspiré par le monstre
tête la première et finit par disparaître entièrement dans la
canalisation.
Le monstre informe surgit d'un évier telle une main gélatineuse, liquéfiant en quelques instants sa victime jusqu'à bientôt la faire disparaître dans les canalisations sous le regard horrifié de sa patrone.
Une
carrière écourtée pour une raison tristement banale
En
1998, le célèbre maquilleur Rob Bottin, avec lequel il partageait un souci de discrétion sur sa vie personnelle, fit appel à ses talents
pour Un cri dans l’océan (Deep Rising) afin qu’il
peigne la texture réaliste des tentacules d’un monstre marin.
Malheureusement, le réalisateur Stephen Sommers, qui n’avait déjà
pas prévu de faire construire une version complète de la créature
même en version miniature (comme pour les plans sous-marins de Loch
Ness en dépit d’une superbe animatronique) perdit patience en
découvrant la minutie avec laquelle l’équipe se consacrait à sa
mission. Il décida finalement que les tentacules eux-mêmes seraient
conçus par infographie pour gagner du temps. Rob Bottin, laconique,
lui répondit que ce serait finalement plus cohérent que tout soit
exécuté virtuellement et il abandonna la production, entraînant
avec lui le départ de ses collaborateurs dont Lyle Conway. Cet
épisode lamentable est très significatif de l’irrespect du nouvel
Hollywood pour ses plus grands artisans qui œuvraient à la
suspension de l’incrédulité - le lecteur se souvient sans doute
comment les producteurs ont remplacé les effets spéciaux concrets
agencés par l’équipe d’Alec Willis et de Tom Woodruff sur le
préquel de The Thing contre la volonté du réalisateur
lui-même et que les monstres de Prometheus ont aussi été
retouchés virtuellement.
La même année, Lyle Conway apparut à l’écran dans le film de vampire Blade, incarnant le personnage de Reichardt, le chef d’une bande de vampires. On rapporte qu’en 2004, le réalisateur Sam Raimi lui aurait demandé d’effectuer des expérimentations dans la perspective de créer des bras mécaniques tentaculaires pour le personnage de Dr. Octopus dans Spiderman 2 avant que l’atelier Edge FX de Steve Johnson soit engagé pour réaliser l’artefact. En 2009, Lyle Conway retrouva une dernière fois l’atelier de Jim Henson pour participer à la confection des têtes mécaniques des créatures de l’adaptation du conte pour enfants Max et les Maximonstres (Where the Wild Things are).
Une implication inattendue au cinéma pour Lyle Conway, celui du chef des vampires dans le film Blade.
Lyle
Conway fait partie de ces génies des effets spéciaux qui, sans
avoir nécessairement obtenu la reconnaissance du public, se
comptaient parmi les magiciens du cinéma et avaient acquis un grand
respect au sein de leur milieu ; comme nombre d’autres grands
noms tels Rob Bottin et Rick Baker, il a été poussé à une
retraite forcée par les producteurs et des réalisateurs préférant
la facilité des trucages infographiques. Parmi ses collaborateurs,
Neal Scanlan a mené une belle carrière ; avec Nick Dudman qui
s’est chargé des effets spéciaux mécaniques de la saga d’Harry
Potter et Neill Gorton qui se consacre à la série Dr Who,
il est actuellement un des grands noms en activité des effets
spéciaux britanniques et a notamment apporté sa contribution aux
nouvelles moutures de La guerre des étoiles (Star Wars)
ainsi qu’à Prometheus. Les passionnés de cinéma
fantastique devraient se souvenir de l’investissement passionné de
Lyle Conway pour faire croire à l’impossible les spectateurs des
salles obscures, et c’est tout naturellement que le présent site
se devait d’honorer sa mémoire.
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