L'âge d'or de la science-fiction américaine a débuté au milieu des années 1920 avec la revue Amazing stories, puis s'est développé dans de nouveaux périodiques, le papier de texture assez grossière valant à ces différents magazines le surnom de "pulps" - papier ressemblant à de la pulpe. Rompant avec une science-fiction plus naïve d'auteurs comme Ray CUMMINGS ( LA FILLE DANS L'ATOME D'OR ) et Edgard Rice BURROUGHS ( le cycle JOHN CARTER SUR MARS ), ces titres accueillirent principalement des auteurs s'inspirant des œuvres d'inspiration plus scientifique d'Herbert George WELLS que ces magazines popularisaient, tels Murray LEINSTER ou Jack WILLIAMSON, lequel était un grand admirateur de l'écrivain britannique.

Edd CARTIER a illustré également des nouvelles de Theodore STURGEON, comme TINY ET LE MONSTRE et ÇA ( IT ) et son mort-vivant ressemblant à un Golem fait de boue.
Autre représentation d'une créature de Theodore STURGEON, en l'occurence l'extraterrestre de TINY ET LE MONSTRE figurant dans Astounding science fictionAprès la fin de la seconde guerre mondiale durant laquelle il a été blessé à Bastogne, en Belgique, au cours de la Bataille des Ardennes, Edd CARTIER a repris sa collaboration aux pulps, tels qu'Astounding science fiction et Planet stories.
On doit à Edd CARTIER des extraterrestres assez pittoresques. Il avait lui-même écrit un essai témoignant de son intérêt pour le sujet, "Life in other worlds", publié dans l'anthologie TRAVELLERS OF SPACE, agrémenté de ses représentations de la vie extraterrestre. Ses créatures sont très différentes de celles que proposent les illustrateurs contemporains, avec leurs formes épurées et fuselées qui évoquent parfois les lignes des derniers modèles de l'aéronautique. Les courbes renflées des extraterrestres d'Edd CARTIER s'apparenteraient plutôt aux formes lâches que le peintre espagnol Salvador DALI prêtait aux objets, notamment sa série dite "des montres molles". Les créatures de CARTIER sont grotesques sans être ridicules, expriment une vraie étrangeté sans être improbables et évoquent aussi quelque peu des formes de vie terrestre sans en être la décalque. Le célèbre astronome passionné de spiritisme du XIXème siècle, Camille FLAMMARION, aurait sûrement dit qu'à présent affranchi de son corps terrestre, l'esprit d'Edd CARTIER pouvait désormais s'élancer vers les mondes extraterrestres pour y découvrir les formes de vie étrangères qui avaient stimulé son imagination.
Une créature d'Edd CARTIER que le célèbre astrophyscien Carl SAGAN, auteur du roman CONTACT qui fut adapté au cinéma, avait choisie pour illustrer son chapitre sur la vie extraterrestre dans son célèbre ouvrage COSMOS, devenu une série télévisée.

Cette espèce évoquant une "limace de mer" quelque peu mâtinée de bovin est particulièrement marquante.

Deux couvertures de la revue Famous monsters, mettant à l'honneur le Martien de LA GUERRE DES MONDE de Byron HASKINS et le cyclope cornu créé par Ray HARRYHAUSEN pour LE SEPTIEME VOYAGE DE SINBAD, représentant deux classiques du cinéma des années 1950.L'acteur Patrick McGOOHAN, disparu à l'âge de 80 ans le 3 janvier 2009, était surtout connu pour son rôle dans deux séries, DESTINATION DANGER, une série d'espionnage, et LE PRISONNIER, qu'il avait lui-même conçue, série surréaliste tournée dans le petit village de Portmeirion, dans laquelle il prêtait ses traits volontaires à l'obstiné "Numéro 6", ancien agent des services secrets à qui une mystérieuse organisation tentait par tous les moyens d'extirper des renseignements. Il avait aussi tourné dans quelques films fantastiques. Dans SCANNERS (1981) de David CRONENBERG, il incarnait un scientifique dont la substance chimique prescrite à des femmes enceintes, l'éphémérol, avait engendré la naissance de mutants aux pouvoirs parapsychiques, susceptibles de mettre en péril l'humanité. Dans BABY, LE SECRET DE LA LEGENDE OUBLIEE ( 1985) de Bill NORTON, basé sur la légende du Mokélé-mbembé, il découvrait dans une jungle africaine reculée un petit groupe de Brontosaures ayant survécu à l'extinction des Dinosaures, qu'il voulait présenter comme attraction, s'opposant à un couple de naturalistes interprétés par William KATT (HOUSE) et Sean YOUNG (BLADE RUNNER, DUNE), qui désirait les maintenir dans leur milieu naturel. Le regard perçant et ténébreux de Patrick McGOOHAN, devenu symbole de la lutte archétypale du Numéro 6 contre toutes les formes de manipulation mentale, continuera encore longtemps de nous marquer.

par l'écrivain de science-fiction Thomas DISCH,
qui a mis fin à ses jours récemment, le 4 juillet 2008
( hommage à l'auteur de science-fiction: http://www.cafardcosmique.com/DISCH-Thomas ).







1 commentaires:
Bel hommage et belles illustrations de Cartier, effectivement moins connu, mais très apprécié. Une larme aussi pour le regretté Ackerman et le grand Patrick McGoohan - I am not a number, i am a free man !
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