mercredi 17 avril 2013

D'EXPERTES SINGERIES




Alors que la nouvelle mouture de LA PLANÈTE DES SINGES (RISE OF THE PLANET OF THE APES) n'a récemment offert aux spectateurs que des personnages virtuels, on se propose de revenir sommairement ici sur l'évolution des costumes concrets créés pour incarner les singes au cinéma.

L'homme a toujours été fasciné par les grands singes, en lesquels il reconnaissait une sorte de caricature non encore sortie de l'état de nature, avant qu'il ne réalise pleinement, non sans un certain effroi, leur parenté commune - qu'on se souvienne de l'émoi suscité par la publication de L'ORIGINE DES ESPÈCES par Charles DARWIN, nombre de croyants, enclins à une lecture littérale de l'Ancien testament, ayant estimé que cette théorie contredisait le récit de la Genèse et la création de l'homme à l'image de Dieu.


De l'homme, "le singe nu" au (faux) singe en complet veston ( dans THE MONKEY TALKS ), le cinéma aime jouer avec le franchissement transgressif de la frontière entre des espèces dont la génétique revèle une proximité plus importante que celle que le genre humain est spontanément prompt à reconnaître.

Cette ambivalence, associant similitude anthropomorphique et image de sauvagerie exacerbée telle que la fiction la présente, fit du grand singe, et tout particulièrement du Gorille, un acteur tout désigné pour pimenter les récits d'aventure populaires et susciter l'épouvante, alors que les pitreries simiesques se prêtent quant elles à la comédie, et peuvent même participer de la fantaisie, avec notamment les singes volants du MAGICIEN D'OZ ( THE WIZARD OF OZ ).


Face à Laurel et Hardy, Charles GEMORA interprète le Chimpanzé - qui a tout du gorille ! - en 1932 dans PRENEZ GARDE AU LION (THE CHIMP). 


DE BRILLANTS PRÉCURSEURS

Le cinéma ne tarda pas s'emparer de cette figure. Significativement, certains des premiers films se saisissent de la thématique de l'évolution en rappelant le cousinage entre les espèces. En 1908, THE MONKEY MAN met pour la première fois en scène un savant s'appliquant à échanger le cerveau entre singes et cobayes humains. Plus explicitement encore, THE DOCTOR'S EXPERIMENT, OR REVERSING DARWIN'S THEORY, démontre la même année que l'expérimentateur est capable de faire régresser des êtres humains à l'état simiesque ( ce qu'on retrouvera des années plus tard dans une scène mémorable d'AU DELÀ DU RÉEL de Ken RUSSELL ( ALTERED STATES ) - évoquée dans l'hommage consacré à ce dernier en novembre 2011. L'année suivante, une comédie française dont le titre original n'est pas connu, AN APISH TRICK, montre l'altération simiesque des traits d'un homme à qui l'épouse a injecté du sérum prélevé sur des singes. Le film BLIND AGAIN ( 1922 ) fait aussi apparaître un homme-singe dans le laboratoire d'un sinistre expérimentateur.

Le procédé le plus évident pour figurer des singes à l'écran est d'utiliser des animaux dressés par des spécialistes, mais il n'est pas pour autant aisé d'obtenir d'eux tout ce qu'un scénario peut nécessiter. Willis O'BRIEN a l'idée d'utiliser en 1915 un petit modèle animé image par image pour représenter un préhominien simiesque dans THE DINOSAUR AND THE MISSING LINK produit par Edison. Il développera la technique et s'en servira pour donner vie au plus célèbre Gorille du cinéma, celui, gigantesque, de KING KONG. Ray HARRYHAUSEN, après avoir assisté O'BRIEN sur le Gorille géant de MIGHTY JOE YOUNG, recréera aussi de la sorte un singe non anthropomorphe très crédible, le Babouin de SINBAD ET L'OEIL DU TIGRE (SINBAD AND THE EYE OF THE TIGER). Ce procédé a pour inconvénient de nécessiter beaucoup de temps pour l'animation, et de ne pouvoir combiner le sujet avec les acteurs que longtemps après le tournage. Il existe évidemment une méthode plus simple, celle de faire appel à un acteur dans un costume.


Ray "Crash" CORRIGAN, emporté par son personnage, semble exprimer une certaine divergence de vue avec le metteur en scène engagé pour le diriger...

On aurait tort de croire que les gorilles vus dans les films anciens ne faisaient appel qu'à de simples costumes d'Halloween vendus par les magasins spécialisés en masques, farces et attrapes. Sur MONKEY TALKS ( 1927 ), un drame sentimental prenant pour cadre le milieu du cirque à la manière de LA MONSTRUEUSE PARADE ( FREAKS ), dans lequel un dresseur de lion jaloux remplace à l'insu d'une jeune fille son partenaire, un nain déguisé en singe, par un vrai animal dangereux, le costume a été conçu par un grand professionnel, le maquilleur Jack PIERCE, futur auteur, notamment, des fameuses transformations de Boris KARLOFF en créature de Frankenstein et en momie. L'un des tous premiers maquilleurs, Cecil HOLLAND, transforma aussi Bull MONTANA en Homme-singe dans LE MONDE PERDU.

THE MONKEY TALKS, un des premiers maquillages conçus par Jack PIERCE, le premier maquilleur consacré par Hollywood et le principal fondateur de la discipline.

Cependant, la plupart des interprètes de singes des premières décennies du cinéma se chargeaient eux-mêmes de leur déguisement. Le plus célèbre d'entre eux est Charles GEMORA, acteur d'origine philippine, initialement portraitiste œuvrant à proximité des studios Universal après avoir été spolié par son frère aîné de son héritage agraire. Il fut engagé pour dessiner et construire les décors de NOTRE-DAME DE PARIS ( THE HUNCHBACK OF NOTRE-DAME ) et du FANTÔME DE L'OPÉRA ( THE PHANTOM OF THE OPERA ), et se prit de passion pour les grands singes lorsqu'il fut amené à en concevoir un pour THE GORILLA en 1927. Sa petite taille lui permettait de se faire passer pour un vrai singe l'année suivante dans THE LEPOARD LADY. Pour l'adaptation de l'enquête policière d'Edgar Allan POE DOUBLE MEURTRE DANS LA RUE MORGUE ( MURDERS IN THE RUE MORGUE ) en 1932, il n'est cependant principalement filmé que de dos, et un vrai chimpanzé est utilisé pour les gros plans. Il interprète aussi un singe dans de nombreuses comédies au côté de Laurel et Hardy, d'Abbott et Costello ou encore des Marx Brothers, ainsi que de nombreux autres films. Il reste par ailleurs très connu des amateurs de science-fiction en tant que concepteur et interprète du Martien brièvement aperçu dans l'adaptation de LA GUERRE DES MONDES (WAR OF THE WORLDS) de Byron HASKINS, ainsi que de l'extraterrestre de I MARRIED A MONSTER FROM OUTER SPACE. Il décède d'une crise cardiaque en août 1961 alors qu'il était chargé de réaliser les maquillages du film JACK LE TUEUR DE GÉANTS ( JACK THE GIANT KILLER ) de Nathan JURAN.


Charles GEMORA dans THE MONSTER AND THE GIRL (1941), un drame réalisé par Stuart HEISLER; comme dans LA POUPÉE SANGLANTE de Gaston LEROUX, le cerveau d'un innocent est transféré dans un autre corps, en l'occurrence celui de ce gorille, pour rétablir la justice.

Jason BARNETT, maquilleur et interprète de monstres (série BUFFY ET LES VAMPIRES) a récemment entrepris de constituer un fonds documentaire sur Charles GEMORA; un article et un petit montage sont visibles à cette adresse : http://www.kickstarter.com/projects/1816447378/charlie-gemora-genius-monkeyman



GEMORA a eu de nombreuses émules. Un autre interprète célèbre est Raymond BENARD, connu sous le nom de scène de Ray "Crash" CORRIGAN, par ailleurs acteur de westerns et du sérial FLASH GORDON. Il incarne notamment le féroce gorille de TARZAN, L'HOMME SINGE (TARZAN OF THE APES) réalisé en 1932 par W.S. VAN DYKE, auquel les pygmées sacrifient leurs prisonniers, préfigurant l'imagerie qui triomphera l'année suivante avec KING KONG. Il joue au côté de Boris KARLOFF dans THE APE (1940), film dans lequel un scientifique se fait passer pour un gorille évadé auquel il tente de faire endosser ses méfaits expérimentaux, puis de Buster CRABBE, l'interprète du rôle-titre du sérial FLASH GORDON, y incarnant un gorille amoureux d'une jeune fille dans NABONGA (1944), avant d' interpréter deux gorilles blancs, dans THE WHITE GORILLA (1945) puis THE WHITE PONGO (1946). Tout en continuant d'apparaître au cinéma ( incarnant en 1958 le prototype du monstre d'ALIEN pour IT! THE TERROR FROM BEYOND SPACE ), il se consacre de plus en plus à son projet de parc d'attraction, Corriganville, qui ouvre en 1949, après, sentant venir l'âge, avoir vendu l'année précédente son costume de singe à un aspirant acteur, Steve CALVERT ( de son vrai nom William SEEGER ), auquel il enseigne son art. Ce dernier apparaît ainsi costumé dans JUNGLE JIM au côté de Johnny WEISSMULLER, le plus célèbre interprète de TARZAN. Il incarne ensuite des singes dans de nouveaux films utilisant le ressort de l'évolution, tel BRIDE OF THE GORILLA (1951), dans lequel l'acteur Raymond BURR est victime d'une malédiction le changeant chaque nuit en gorille suite à un crime passionnel, et la comédie BELA LUGOSI MEETS A BROOKLYN GORILLA (1952), sorte de version humoristique de L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU dans laquelle le célèbre acteur hongrois interprète un scientifique jaloux faisant régresser son rival amoureux à l'état simiesque. Il connaît une triste mésaventure sur la série télévisée SUPERMAN avec George REEVES dans le rôle-titre; ayant pulvérisé un spray couleur argent sur son costume à la demande des producteurs qui désiraient qu'il incarne un gorille albinos, il voit le caoutchouc être rongé et la tête partir en morceaux!.. Son cachet passera intégralement dans la fabrication d'un nouveau masque. Suite à un accident vasculaire, CALVERT termine sa vie active comme charpentier. Il convient aussi de citer George BARROWS, qui est apparu en gorille dans des films comme BLACK ZOO (1963), dans l'intrigue policière GORILLA AT LARGE (1954) ou encore dans le fameux ROBOT MONSTER de 1953 ( un robot extraterrestre finalement affublé d'un corps velu pour des raisons d'économie ), et dans des séries télévisées comme LA FAMILLE ADAMS ( THE ADDAMS FAILLY ). Emil VAN HORN a quant à lui eu une carrière marquée par une certaine infortune : interprétant le gorille d'un savant-fou, joué par Bela LUGOSI qui s'est lui-même partiellement changé en singe, dans THE APE MAN ( 1943 ), il n'est pas mentionné à l'affiche des autres productions dans lesquelles il apparaît, tels les sérials d'aventures JUNGLE GIRL et PERILS OF NYOKA, et finit dans la pauvreté après le vol de son costume de gorille. On se doit encore d'évoquer Janos PROHASKA, qui a incarné de nombreux monstres dans les séries télévisées, incluant un singe albinos cornu, le Mugato, dans STAR TREK ( réminiscent de l'"orangapoïde" incarné par Bull MONTANA dans le sérial FLASH GORDON ) et plusieurs fois joué de "vrais" singes comme celui du célèbre épisode L'HOMME AU SIXIÈME DOIGT ( THE SIXTH FINGER ) d'AU-DELA DU RÉEL ( THE OUTER LIMITS ) portant sur des expérimentations inspirées par l'évolution, y compris au cinéma en 1971 dans la séquelle LES ÉVADÉS DE LA PLANÈTE DES SINGES ( ESCAPE FROM THE PLANET OF APES ); enfin, Bob BURNS, célèbre comme Forest ACKERMAN pour sa collection d'accessoires provenant de films fantastiques, a aussi endossé le costume de gorille dans des productions le mettant notamment face à des super-héros. Les génériques étant souvent incomplets, les historiens du genre en sont parfois réduits aux spéculations pour nommer les interprètes de divers gorilles à l'écran, comme pour les apparitions de l'athlète grec George KOSTONAROS, seulement reconnu officiellement pour son incarnation de la créature semi-simiesque créée à des fins vengeresses de THE WIZARD (1927) d'après le roman BALAOO de Gaston LEROUX. On pourrait encore ajouter à cette liste de ces interprètes de l'ombre le nom d'Art MILES, dont le masque reproduisait les traits d'un orang-outan, apparu notamment dans le remake de THE GORILLA aux côtés de Bela LUGOSI.


Les principaux interprètes de gorilles de "l'âge classique du cinéma", de gauche à droite, en haut, Charles GEMORA, Steve CALVERT, George BARROWS, et au-dessous, Ray CORRIGAN et Emil VAN HORN.

Ces acteurs s'efforcèrent de perfectionner leur costume pour se rapprocher le plus de la réalité, et n'hésitaient pas à passer des heures au parc zoologique pour observer leurs modèles et saisir leurs attitudes. Charles GEMORA est probablement le premier à avoir utilisé un nouveau matériau, la mousse de latex, dans le cadre des effets spéciaux de maquillage. Il façonna la tête du gorille à partir d'un moulage de l'interprète pour une meilleure adéquation et enduisit de noir le pourtour des yeux pour estomper le raccord avec le masque, dont il fit fabriquer l'armature articulée. Après avoir dans un premier temps mis un rembourrage ordinaire dans son costume pour pallier à son allure malingre et se rapprocher de la corpulence d'un gorille, il opta finalement pour une outre remplie d'eau permettant de restituer le mouvement naturel du ventre du grand singe. Il construisit aussi une seconde paire de bras au poing fermé en prolongement des siens, sur lesquels prendre appui, de manière à pouvoir se déplacer comme un gorille dans certaines prises. Emil VAN HORN employa de la même manière une armature en métal pour l'ouverture de la gueule et des prothèses pour allonger les avants-bras. La tête pouvait aussi être capable de dilatation des narines, comme celle portée par Steve CALVERT. La méthode la plus simple consiste à employer une poche de caoutchouc reliée à un tuyau et à une poire; comme le précise Chris CASTEEL dit "The Mighty Bongo", qui interprète le gorille dans des petites productions récentes comme THE RETURN OF NYOKA THE JUNGLE GIRL, cette vessie, attachée à l'intérieur du visage derrière les narines, pousse celles-ci lorsqu'elle se gonfle. Les interprètes comme Steve CALVERT qui étaient amenés à effectuer des cascades périlleuses privilégiaient cette solution. "L'homme-gorille" nous a également précisé, toujours suite à la fort aimable entremise de Mark COFELL ( sur le site duquel on trouvera bien d'autres informations se rapportant aux interprètes en costumes de la période : http://www.hollywoodgorillamen.com/ ), qu'il existait aussi un procédé mécanique utilisant une tige actionnée par la lèvre supérieure, agissant sur une petite plaque de métal insérée dans l'espace des narines en caoutchouc, les tirant de manière à simuler l'apparence d'un reniflement.


Tête de gorille portée par Steve CALVERT, montrant l'impressionnante mâchoire.


L'AGE CLASSIQUE FORGÉ EN 1968 

En 1968, la création de costumes de singes devient l'objet d'une attention toute particulière à l'occasion de deux grandes productions, 2001 L'ODYSSÉE DE L'ESPACE (2001 SPACE ODYSSEY) et LA PLANÈTE DES SINGES (PLANET OF THE APES). Pour LA PLANÈTE DES SINGES de Franklin SCHAFFNER, célèbre fable futuriste inspirée du roman de Pierre BOULLE voyant nos plus proches parents nous supplanter, le maquilleur Ben NYE (qui a dans le domaine fantastique oeuvré sur LA MOUCHE NOIRE (THE FLY) et THE ALLIGATOR PEOPLE) commence à travailler avec son assistant Dick SMITH (homonyme du maquilleur de L'EXORCISTE) sur le concept de plusieurs prothèses mobiles associées, mais est d'avis comme le studio Twenty Century Fox qu'un artiste plus expérimenté dans les prothèses serait plus approprié, d'autant plus que la tâche est considérable. Alors que Bud WESTMORE (L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR/THE CREATURE FROM THE BLACK LAGOON) est pressenti, le jeune apprenti Tom BURMAN indique que les nombreuses transformations de visage d'acteurs du film LE DERNIER DE LA LISTE (THE LIST OF ADRIAN MESSENGER), n'est pas tant à porter au crédit du célèbre maquilleur qu'à celui de son collaborateur John CHAMBERS, ce qui amène aussitôt Ben NYE à contacter et engager ce dernier. Le maquilleur John CHAMBERS, qui se voit ainsi confier la responsabilité de l'atelier de maquillage de LA PLANÈTE DES SINGES, reprend en l'affinant durant les six mois de préparation l'idée de composer le visage de ses singes en utilisant deux prothèses pour le rendre plus mobile, l'une constituant le front, les arcades sourcilières et le museau, la seconde formant un menton indépendant. Un fond de teint est appliqué sur l'acteur afin d'obtenir un raccord satisfaisant. L'équipe de CHAMBERS utilise une peinture permettant la transpiration de l'acteur. John CHAMBERS met au point un mélange d'alcool et d'acétone capable de dissoudre les résidus de colle et de désinfecter les prothèses de manière à pouvoir les réutiliser sur des figurants au second plan.

La pose d'un masque en deux parties sur le tournage de LA PLANÈTE DES SINGES sur un interprète, et l'aspect final des créations de John CHAMBERS, illustré par le principal protagoniste simien incarné par Roddy McDOWELL.


Un masque de gorille moins sophistiqué destiné à être porté par des figurants placés à l'arrière-plan.

On peut voir des photographies rares des essais des costumes du film en suivant ce lien : 
http://planetoftheapes.wikia.com/wiki/Planet_of_the_Apes_Concept_Art_%26_Costume_Tests

Pour le prologue de 2001 L'ODYSSÉE DE L'ESPACE de Stanley KUBRICK montrant l'évolution de nos lointains ancêtres sous l'impulsion d'une force extraterrestre, Stuart FREEBORN, décédé récemment (voir l'article précédent), réalise 35 costumes. Des Néandertaliens avaient été initialement envisagés pour la séquence, mais le souhait d'occulter leur nudité a finalement conduit à leur préférer des Australopithèques simiesques (et velus aux endroits problématiques). FREEBORN perfectionne particulièrement l'animation de la bouche. Une petite tige manipulée avec la langue en commande l'ouverture, et le mécanisme des mâchoires est équipé d'élastiques fermant automatiquement la bouche, dispositif complété par le placement de petits aimants dans les lèvres pour achever la fermeture. Stanley KUBRICK se montra tant satisfait du résultat qu'il chercha à faire croire qu'il s'agissait de véritables animaux, illusion complétée par l'utilisation d'un bébé chimpanzé : il aurait ainsi paradoxalement œuvré pour que la distinction accordée cette année aux meilleurs maquillages aille au film concurrent, LA PLANÈTE DES SINGES. FREEBORN fut d'autant plus déçu de ne pas voir ses mérites récompensés qu'il suspecta l'équipe de CHAMBERS de s'être inspirée de son travail, étant donné qu'après avoir été approché par des collaborateurs du film de Franklin SCHAFFNER, une de ses têtes de singe disparut. Selon son collaborateur Nick MALEY, c'est cependant la présence d'un dispositif mécanique sur la face des singes qui aurait dissuadé le jury d'accorder la distinction à Stuart FREEBORN; il est vrai que la qualité de maquilleur de Rob BOTTIN avait aussi été contestée à l'occasion de THE THING, comme évoqué récemment, et c'est en effet pour des raisons similaires que Rick BAKER avait failli ne pas obtenir l'oscar du maquillage pour LE LOUP-GAROU DE LONDRES (AMERICAN WEREWOLF IN LONDON).


infrastructure de la tête.



C'est d'ailleurs Rick BAKER qui entreprit de mener à son terme la recherche de perfection pour obtenir le singe au réalisme le plus abouti.

A SUIVRE.


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